Adieu tondeuses, cisailles, taille-bordures!

Hélène Roulot-Ganzmann
Coordinatrice aux publications spéciales
Sur les pelouses trop tondues, la diversité des invertébrés et des plantes diminue, tandis que les mauvaises herbes et les parasites prolifèrent. 
Photo: iStock Sur les pelouses trop tondues, la diversité des invertébrés et des plantes diminue, tandis que les mauvaises herbes et les parasites prolifèrent. 

Ce texte fait partie du cahier spécial Environnement

Selon une étude menée par Christopher Watson, stagiaire postdoctoral en sciences environnementales à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), il y aurait de nombreux avantages à pratiquer des coupes moins intensives dans les pelouses urbaines.

Le chercheur a réalisé une méta-analyse regroupant les données obtenues par plusieurs études effectuées en Amérique du Nord et en Europe ces 15 dernières années. Méta-analyse dont les principaux résultats ont été publiés sur le portail de l’université trifluvienne. Ces recherches portaient sur l’effet de la tonte des pelouses sur de nombreuses variables telles que les espèces de végétaux, les insectes utiles et nuisibles, les caractéristiques du sol, les processus biologiques, etc.

Écologique et économique

Conclusion : un gazon long, c’est mieux ! Sur des pelouses urbaines trop tondues, la diversité des invertébrés et des plantes diminue, tandis que les mauvaises herbes et les parasites prolifèrent. La tonte régulière favorise plutôt les espèces à croissance faible telle que le trèfle et le pissenlit, alors que certaines plantes dont les fleurs se situent au sommet de la tige, n’ont pas le temps de pousser. Quant à l’herbe à poux, dont la reproduction est plus rapide que les autres espèces végétales, elle peut coloniser un milieu très souvent tondu. Or, moins de pollen dans l’air, c’est aussi moins de gens malades, donc moins de frais médicaux.

A contrario, une pelouse plus longue devient plus résistante aux insectes nuisibles ou aux ravageurs comme les vers blancs. Elle supporte mieux les épisodes de sécheresse et contribue davantage à la réduction des gaz à effet de serre. Et pour une ville comme Trois-Rivières, passer de 15 à 10 tontes dans l’année pourrait faire chuter les coûts d’entretien de 36 % !

Reste cependant à faire tomber les préjugés et autres idées reçues. Un propriétaire négligeant de tondre sa pelouse est souvent victime de stigmatisation sociale, voire mis à l’amende, certaines municipalités exigeant une tonte courte pour des questions plus esthétiques qu’écologiques.

Certains habitants craignent par ailleurs la prolifération des tiques ou de certains rongeurs dans les pelouses en désordre, même si aucune preuve scientifique ne vient étayer ces croyances.

Et si cet été, on faisait fi des conventions, et on remisait tous notre vieille tondeuse au garage ?