Il temps que les citoyens se mêlent des affaires municipales

André Lavoie
Collaboration spéciale
Deux manifestantes lors d’une marche pour le climat à Montréal, en septembre 2019
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Deux manifestantes lors d’une marche pour le climat à Montréal, en septembre 2019

Ce texte fait partie du cahier spécial Environnement

La tradition est bien ancrée : organisations et groupes de pression présentent leurs demandes aux futurs élus afin qu'ils étoffent leurs promesses ou pour les pousser dans les câbles.

Devant l’urgence climatique, les vœux pieux ne sont plus de mise, et c’est pourquoi une coalition de groupes écologistes et de comités citoyens a vu le jour à quelques mois des élections municipales du 7 novembre prochain. Vire au vert, c’est une invitation lancée autant par La Planète s’invite au parlement, Greenpeace, qu’Équiterre, mais surtout un appel (pressant) au changement devant la multiplication des désordres écologiques.

Candidats et futurs élus auront matière à réflexion devant ces 68 propositions réparties sous 10 thématiques différentes, de la gestion de l’eau aux matières résiduelles, du transport collectif à l’agriculture urbaine en passant par la sécurité publique. Le menu est costaud, « mais nous nous sommes restreints », concède Marie-Ève Leclerc, chargée de projet pour Équiterre.

Or, ce riche menu n’est pas seulement destiné aux politiciens, mais aussi aux électeurs… pas toujours au rendez-vous. Car avec un taux de participation de 42,46 % à Montréal et de 32,4 % à Longueuil en 2017, ce n’est pas la ruée aux urnes. Pour Marie-Ève Leclerc, cela ajoute à l’urgence « de se mêler de nos affaires, car la ville décide de notre quotidien, en commençant par l’eau qu’on boit, les transports que l’on utilise, et la proximité des commerces ».

Elle aussi connaît bien ces taux de participation faméliques, mais reste convaincue que la mobilisation des élus sur les questions environnementales passe par celle des citoyens. Tous vont en bénéficier, « car les municipalités sont les premiers répondants en temps de crise », d’autant plus que les autres ordres de gouvernement sont éloignés des citoyens. « Avant qu’une loi fédérale soit votée pour protéger les milieux humides, celui tout près est déjà détruit pour faire place à des condos. »

Alors, pour virer au vert, et au plus vite, les prochaines élections devront être le théâtre de débats, de mobilisations, et de chocs des idées entre candidats et électeurs. Et après le 7 novembre ? « Les citoyens doivent reprendre le contrôle de leur municipalité, affirme Marie-Ève Leclerc. Plus de 500 villes, villages et MRC ont signé la Déclaration d’urgence climatique : on veut maintenant savoir ce qu’ils vont mettre en place. »

À voir en vidéo