La Commission baleinière conclut sa réunion - Les écologistes sont soulagés

Sorrente — La Commission baleinière internationale (CBI) a conclu hier sa réunion annuelle au grand soulagement des écologistes, qui craignaient la pression des pays pêcheurs et des concessions apportées au moratoire de 1986, notamment de la part des États-Unis.

Cette 56e session, tenue dans la station balnéaire de Sorrente, dans le sud de l'Italie, a été l'occasion de reconnaître officiellement toute une série de misères faites aux cétacés et de lancer un cri d'alarme pour la baleine grise du Pacifique Nord-Ouest, menacée d'extinction par la prospection pétrolière.

Le parti des harpons, emmené par le Japon, l'Islande et la Norvège, qui perpétuent leur tradition de pêche, a cependant enregistré le soutien d'un nombre croissant de pays d'Afrique et des Caraïbes, ce qui lui a permis d'approcher de la majorité et d'empêcher la création de nouveaux sanctuaires.

Implosion évitée

Le risque d'une implosion de la Commission — tant les positions des 57 États membres sont divergentes, entre la moitié qui veut transformer cette instance en un organisme de conservation des baleines et l'autre qui s'en tient à la lettre de 1946 quand la CBI était chargée de répartir des quotas de pêche — a cependant été évité.

Le nouveau plan de gestion des baleines (Revised Management Scheme, en anglais) réclamé par Tokyo, sous la menace de quitter l'organisation, «a fait un petit pas, mais un grand pas en avant comme le Japon le voulait», a souligné Susan Lieberman, une responsable de l'organisation écologiste WWF.

Le plan de gestion des baleines ouvrirait la voie à une reprise de la pêche commerciale, selon la version actuellement à l'étude, et les écologistes ont exprimé la crainte hier matin que les États-Unis ne le soutiennent.

Position américaine

La première mouture de ce plan, préparée par un groupe de sept pays, prévoit une reprise par étapes de la pêche commerciale.

Le commissaire américain, William Hogarth, forcé de faire une mise au point, a assuré la presse que «les États-Unis n'approuveront pas une levée du moratoire». «La position américaine n'a pas changé, nous sommes contre la pêche commerciale, et la pêche scientifique nous cause de sérieuses inquiétudes», a-t-il ajouté, tout en expliquant que Washington ne pouvait pas non plus négliger totalement le nouveau plan à l'étude. «Nous devons l'utiliser, car c'est une base de discussions pour aller plus loin», a-t-il justifié.

Le résultat de la réunion «augmente notre inquiétude quant à l'intérêt de la CBI pour le Japon», a déclaré pour sa part le commissaire japonais, Minoru Morimoto.

Il a cependant assuré que, si les Japonais demeuraient désireux de reprendre la pêche aux petites baleines (les rorquals, assimilables pour eux au thon ou à l'espadon), Tokyo entendait pour le moment le faire «dans le cadre d'un plan de gestion RMS raisonnable».

«Le comité scientifique de la CBI a noté que l'exposition aux sons émis par les sonars militaires coïncidait avec des échouages de baleines au Japon», s'est félicité pour sa part l'association de protection de l'environnement Robin des Bois.

La Nouvelle-Zélande est également parvenue à faire adopter une motion recommandant des méthodes d'abattage «plus humaines» des petites baleines pêchées, accusant les techniques actuelles de provoquer «une lente agonie» de ces mammifères marins.

Enfin, le sanctuaire des mers australes a été reconduit pour dix ans.

La prochaine réunion de la Commission baleinière internationale est prévue en juin 2005 à Pusan, en Corée du Sud.