Encore des départs chez GNL Québec

Photo: Alexandre Shields Le Devoir Le projet GNL Québec augmenterait le trafic maritime commercial dans le parc marin du Saguenay — Saint-Laurent, le seul du genre au Québec.

Les promoteurs du projet GNL Québec continuent visiblement de connaître des difficultés. Après le départ du président de l’entreprise à l’automne dernier, Le Devoir a appris que la direction vient de perdre deux autres membres de son équipe, dont le gestionnaire principal du projet d’exportation de gaz naturel liquéfié.

Selon les informations obtenues par Le Devoir et confirmées par GNL Québec, Denis Rivard, qui était « gestionnaire principal de projet pour GNL Québec », a quitté son poste. L’entreprise a également perdu François St-Gelais, qui était « gestionnaire » aux communications de l’entreprise qui pilote le projet d’usine de liquéfaction et de terminal maritime de 10 milliards de dollars.

Dans une réponse écrite, la directrice affaires publiques et relations avec les communautés de GNL Québec, Stéphanie Fortin, n’a pas voulu préciser les raisons exactes expliquant ces nouveaux départs de membres importants de l’équipe. « Comme c’est le cas dans tous les grands projets industriels, le développement se fait de façon cyclique, avec des phases de progression rapide suivies de périodes de développement à long terme. Toutes les composantes de l’entreprise, y compris les ressources humaines du projet, s’adaptent à ce cycle », a-t-elle cependant fait valoir.

Mme Fortin n’a pas non plus précisé si ces nouveaux départs sont liés aux difficultés financières de GNL Québec, qui est toujours à la recherche de financement pour lancer son projet d’exportation de gaz naturel en provenance de l’Alberta.

Des sources bien au fait du dossier ont déjà indiqué au Devoir que la situation serait devenue très difficile pour l’entreprise, qui n’a pas encore parachevé le processus provincial et le processus fédéral d’évaluation environnementale de son projet. Le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, qui doit notamment analyser les impacts climatiques du projet et les impacts du transport maritime associé au terminal d’exportation, est attendu au mois de mars.

   

Année difficile

En novembre dernier, le président de GNL Québec et du projet Énergie Saguenay, Pat Fiore, a aussi quitté ses fonctions. Il serait désormais « consultant » pour l’entreprise. Louis Bergeron, qui était le président de l’entreprise Gazoduq, qui doit construire le gazoduc qui alimenterait l’usine, a lui aussi quitté ses fonctions en novembre dernier. Il serait désormais « conseiller stratégique auprès de la haute direction ».

Les départs de M. Bergeron et de M. Fiore de leurs postes sont survenus dans un contexte où la Société en commandite GNL Québec, qui contrôle le projet de gazoduc et celui d’usine de liquéfaction et de terminal maritime du Saguenay, a connu de sérieuses difficultés financières en 2020.

Cela a commencé en février, quand on a appris le retrait du plus important investisseur attendu pour le projet, soit le fonds Berkshire Hathaway, propriété du milliardaire américain Warren Buffett. Celui-ci devait injecter pas moins de 4 milliards de dollars dans ce projet totalisant plus de 14 milliards de dollars (10 milliards pour Énergie Saguenay et 4 milliards pour le gazoduc).

En avril, les promoteurs de ce projet contrôlé par des intérêts financiers américains avaient d’ailleurs dû procéder au licenciement d’une dizaine d’employés. En août, Le Devoir avait aussi révélé que GNL Québec avait remercié quatre de ses employés, tandis que Gazoduq avait procédé à six licenciements.

La principale association mondiale de promotion du gaz naturel liquéfié, l’Union internationale du gaz, a indiqué dans un rapport publié en 2020 que le projet risque fort de ne jamais être construit. « Un fort vent contraire d’activisme anti-énergie fossile au Québec rend peu probable la réalisation de ce projet », a ainsi souligné l’organisation. Plusieurs membres du gouvernement de François Legault ont cependant déjà plaidé en faveur du projet.

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