Ottawa salue la construction d’un nouveau pipeline d’exportation

Le nouveau pipeline d’Enbridge permettra d’exporter davantage de pétrole des sables bitumineux.
Photo: Jason Franson La Presse canadienne Le nouveau pipeline d’Enbridge permettra d’exporter davantage de pétrole des sables bitumineux.

La pétrolière Enbridge vient de recevoir les dernières autorisations nécessaires pour compléter son projet de remplacement du pipeline « Ligne 3 », qui permettra d’exporter chaque année plus de 275 millions de barils de pétrole des sables bitumineux vers les États-Unis. Le gouvernement Trudeau a salué la réalisation de ce projet en le qualifiant de « lien vital » pour l’industrie.

Enbridge avait déjà débuté les travaux de remplacement du pipeline de 1660 kilomètres, mais certains tronçons situés aux États-Unis n’avaient pas encore obtenu toutes les autorisations nécessaires. C’est maintenant chose faite, après une décision des autorités de l’État du Minnesota, qui ont accordé le dernier permis dont la pétrolière avait besoin.

Même si des Premières nations et des groupes écologistes contestent toujours le projet, notamment à travers des démarches devant les tribunaux, Enbridge estime pouvoir lancer les travaux de façon imminente, afin de construire le pipeline qui doit remplacer l’ancienne canalisation. La conduite plus importante, qui remplacera un pipeline qui transporte 390 000 barils par jour, permettra d’exporter quotidiennement 760 000 barils, soit 277 millions de barils par année.

Dans une déclaration écrite, la pétrolière albertaine a promis de mettre en place des mesures pour « protéger l’environnement », en réponse aux critiques qui estiment que le projet menacera des sources d’eau et qu’il contribuera à aggraver la crise climatique.

« Lien vital »

Réagissant à cette avancée majeure pour le projet d’exportation pétrolière, le gouvernement Trudeau a salué une bonne nouvelle pour l’industrie énergétique canadienne. « La ligne 3 constitue un lien vital avec le Minnesota, le Wisconsin et d’autres marchés de raffinage nord-américains », a indiqué par courriel le cabinet du ministre des Ressources naturelles, Seamus O’Regan.

« Ce projet de remplacement montre comment de bons projets peuvent aller de l’avant lorsque nous travaillons en partenariat avec les peuples autochtones et que nous prenons des mesures concrètes pour protéger l’environnement », a ajouté le bureau du ministre.

Le remplacement de la « Ligne 3 », qui transportera du pétrole de Hardisty, en Alberta, à Superior, au Wisconsin, a été appuyé et approuvé par le gouvernement Trudeau. L’annonce avait été faite en même temps que celle de l’expansion du pipeline Trans Mountain, en 2016. Mais à l’instar de Trans Mountain, le projet de nouveau pipeline d’Enbridge a été confronté à plusieurs contestations judiciaires.

Au total, trois pipelines d’exportation sont en cours de construction. Le nouveau pipeline Trans Mountain, qui appartient au gouvernement du Canada et qui doit coûter plus de 12 milliards de dollars, devrait être complété en 2022. Les travaux ont également débuté pour la construction du pipeline Keystone XL, que le nouveau président américain Joe Biden a promis de stopper. En ajoutant à cela la « Ligne 3 », ces pipelines permettraient d’exporter chaque jour 2,48 millions de barils de pétrole.