Plan vert: des milliards insuffisants pour décarboniser le Québec?

Québec espère dans un premier temps que 1,5 million de véhicules électriques rouleront sur nos routes d’ici 2030.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Québec espère dans un premier temps que 1,5 million de véhicules électriques rouleront sur nos routes d’ici 2030.

Pour le gouvernement Legault, la lutte contre les changements climatiques passera d’abord par des investissements de plus de trois milliards de dollars dans le secteur des transports au cours des cinq prochaines années, a appris Le Devoir. Québec espère notamment électrifier 30 % du parc automobile d’ici 2030. Mais malgré des investissements sans précédent, le « Plan pour une économie verte » qui sera dévoilé lundi risque d’être insuffisant pour atteindre les cibles climatiques de la province.

Les « principaux investissements » prévus dans le « plan de mise en œuvre » de la stratégie climatique pour la période 2021-2026 totalisent 4,5 milliards de dollars, indiquent les informations financières détaillées récemment mises à jour et obtenues par Le Devoir. De cette somme, près de trois milliards sont prévus pour le financement de différentes mesures en transport destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de ce secteur, responsable à lui seul de 43 % des émissions du Québec.

Le gouvernement devrait ainsi injecter un milliard de dollars en cinq ans afin de bonifier substantiellement l’électrification du parc automobile de la province. Cela passera essentiellement par le maintien des subventions destinées aux acheteurs et par la multiplication des bornes de recharge sur le réseau routier, dans le secteur résidentiel et en milieu de travail.

Québec espère dans un premier temps que 1,5 million de véhicules électriques rouleront sur nos routes d’ici 2030 (contre environ 80 000 à l’heure actuelle), ce qui équivaudrait alors à environ 30 % des « véhicules automobiles légers ». Lundi, le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, doit aussi annoncer l’interdiction de la vente de voitures et de véhicules utilitaires sport (VUS) à essence d’ici 2035.

Le gouvernement a également prévu près de 500 millions, toujours sur une période de cinq ans, afin d’électrifier progressivement les autobus urbains, les autobus scolaires et les autobus interurbains. D’ici la fin de la décennie, la moitié des autobus scolaires pourraient ainsi être électriques. On souhaite aussi électrifier 40 % de la flotte de taxis.

Une autre enveloppe de 1,5 milliard de dollars est prévue pour contribuer à la réalisation de six projets de « transport collectif électrique » d’ici 2030. Déjà connus, ces projets comprennent le réseau « structurant » de Québec, mais aussi des projets dans la région de Montréal, dont des bonifications au Réseau express métropolitain (REM). Les sommes inscrites dans le Plan pour une économie verte (PEV) s’ajoutent aux quelque 15 milliards de dollars prévus au Plan québécois des infrastructures, qui doit « maximiser les investissements » dans le transport collectif au cours de la prochaine décennie.

Parmi la série de mesures prévues pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) imputables au transport, on trouve en outre quelques millions pour ouvrir la porte à des initiatives pour l’autopartage, mais aussi pour encourager le télétravail et la densification des milieux urbains.


 

Accompagner l’industrie

Cette version récente du « plan de mise en œuvre » stipule par ailleurs que le gouvernement Legault compte injecter plus de 840 millions de dollars de fonds publics sur une période de cinq ans afin d’« accompagner » les entreprises du secteur industriel, mais aussi « appuyer la « conversion énergétique ». Le plan n’indique aucune cible précise en ce sens, même si le secteur compte pour le tiers des émissions de GES du Québec, mais il réserve plus de 600 millions pour des « incitatifs aux projets en efficacité énergétique et en conversion énergétique ».

Dans le domaine du bâtiment, le gouvernement espère « réduire d’au moins 50 % » les émissions de GES. Selon les « cibles » recensées, les nouveaux bâtiments commerciaux et industriels « miseront prioritairement sur l’électricité et autres énergies renouvelables pour le chauffage principal » d’ici 2030. Pour ces mêmes bâtiments, il est question de remplacer les appareils de chauffage « en fin de vie utile fonctionnant au mazout, dès 2025, et au gaz naturel, dès 2030 ». Québec a des projets similaires dans le secteur résidentiel.

D’autres mesures de réduction des GES sont prévues en agriculture, dans la gestion des matières résiduelles et en foresterie. Québec promet en fait de « capter plus de carbone dans nos forêts » en misant sur des mesures de reboisement. Disant vouloir « construire l’économie de demain », le gouvernement entend « appuyer le développement de la filière de l’électrification des transports », mais aussi augmenter de 50 % la production de « bioénergies » d’ici 2030.

Considérée comme une priorité par plusieurs experts, l’adaptation aux impacts des bouleversements climatiques est aussi inscrite dans le plan Legault. Près de 300 millions de dollars y seront consacrés d’ici 2026. La liste détaillée comprend un « plan de protection » contre les inondations, des mesures pour réduire les îlots de chaleur et l’évaluation de la « vulnérabilité » des infrastructures critiques (transport, production d’énergie, eau potable, etc.). Une cartographie complète des zones côtières menacées doit également être parachevée en 2025.

Le gouvernement espère en outre « créer un environnement prévisible propice à la transition climatique » en prônant notamment « l’exemplarité de l’État », un principe qui passe par une réduction de 60 % des émissions de GES du parc immobilier du gouvernement d’ici 2030 (zéro émission en 2040), mais aussi l’électrification de 100 % des véhicules légers des ministères et des organismes.

Plan insuffisant

Le plan de mise en œuvre obtenu par Le Devoir ne précise pas les cibles de réduction des GES attendues pour chacun des investissements prévus pour la période 2021-2026. Le gouvernement Legault espère réduire les émissions de 37,5 % d’ici 2030, par rapport à 1990, puis viser la « carboneutralité » à l’horizon 2050. Or, la réduction se situe aujourd’hui à 8,7 %, alors qu’il était prévu qu’elle atteigne 20 % en 2020.

Selon des informations publiées au cours des derniers jours par Le Journal de Québec et par Radio-Canada, tout indique que le plan qui sera présenté lundi serait insuffisant pour atteindre la cible fixée pour 2030. Concrètement, le gouvernement aurait identifié à peine 40 % des réductions de GES nécessaires pour respecter cette cible, qui est par ailleurs moins ambitieux que ce qu’exige la science climatique internationale.

Titulaire de la chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau dit avoir « peu d’espoir » que les recommandations des groupes de travail formés par Québec en vue de l’élaboration de son plan seront « bien reflétées ». « Les consultations ont plus été une étape pour pouvoir dire que le gouvernement a consulté que pour aller chercher les meilleures approches de décarbonisation », dit celui qui a siégé dans le groupe de travail sur l’électrification de l’industrie.

Selon lui, l’atteinte des objectifs climatiques passe notamment par une réduction de la demande énergétique en transport, dans les bâtiments et dans l’industrie. Il met d’ailleurs en garde contre la tentation de miser sur « l’électrification de la voiture solo ». « Cela nous ancre davantage dans la configuration actuelle, où l’étalement urbain prévaut. Il vaudrait mieux commencer par une politique d’aménagement du territoire forte, une politique de mobilité transformatrice, et ensuite prévoir une électrification des véhicules. »

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23 commentaires
  • Daniel Grant - Abonné 16 novembre 2020 08 h 15

    L’objectif Zéro-Émission a été atteint, il faut une volonté politique pour l'adopter

    1. avec la mobilité électrique à batterie = zéro-émission
    2. avec les énergies renouvelables; la mer le vent le soleil la géo-thermie = zéro-émission et ça coûte moins cher que le fossile.

    Le problème est celui qui fournit encore de l’énergie fossile sale et celui qui extrait les minéraux sans respect de la santé publique ni l’environnement.

    Les lobbyistes du pétrole ont réussi à mettre le Canada au même rang que l’Arabie Saoudite en terme de ‘déversement’ d’argent pubic (à coup de milliards par année) pour supporter les pollueurs, il ne reste plus pour eux que de faire pression pour utiliser les mêmes techniques de répression envers ceux qui s’opposent, emprisonnement, torture, décapitation et le tour est joué pour polluer à volonté et de nous faire les poches à la pompe à fric le plus longtemps possible.

    L’extraction des minéraux à la canadienne a très mauvaise réputation dans le monde en terme de respect des droits humains, on a pas de leçon a donner à personne.

    Réglons le problème par le bon bout, c’est le fournisseur et non pas l’utilisateur qui est le problème.

    SI jamais vous voyez un VE ou des panneaux solaires faire de la pollution il faut m'avertir, je veux voir ça.

    Un déversement d’énergie solaire ça s’appel une belle journée, et c’est plein de vitamine D.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 17 novembre 2020 11 h 02



      Cela n'existe pas le zéro-pollution. Toute activité humaine entraine son lot d'inconvénient à l' environnement.

      "SI jamais vous voyez un VE ou des panneaux solaires faire de la pollution il faut m'avertir, je veux voir ça."

      Bien il vous allez voir ou l'on extrait les matériaux pour fabriquer ces choses. Aller prendre le café près des hauts fourneaux qui liquéfient le matériel qui fera votre bonheur. Ce ne sont pas vraiment les doux rayons solaire qui amènent toute cette matière en fusion. Toute les chaines de fabrication consomment de gigantesque quantité d'énergie. Et toutes ces chaines fabriquent des produits destinés au bonheur des consommateurs finaux. C'est à dire VOUS et moi, et tout le monde...
      Nos choix de vie sont donc au coeur du niveau de pollution produit par l'homme.

    • Daniel Grant - Abonné 17 novembre 2020 13 h 38

      Comme d’habitude M. Arès fidèle à vos arguments épouvantails, l’homme de paille du ‘Zéro-Pollution’ ce sont vos mots à vous, j’ai bien dit Zéro-Émission.

      C’est une tactique bien connue et utilisée par les communicants du fossile qui veulent nous faire dire des choses que nous n’avons pas dit.

      Je répète que le Zéro-Émission a été atteint dans la mobilité électrique et dans les Énergies renouvelables,
      ceux qui n’ont pas atteint leur objectifs sont ceux que vous défendez:
      les bagnoles à pollution, les centrales d’énergie fossile, les extracteurs de minerais et les usines de fabrication de matériaux nécessaires pour la fabrication de tout ce qui nous entoure, et oui ça inclue les appareils médicaux qui sauvent des vies dans les hôpitaux et votre frigo qui ont tous un cycle de vie comme le VE.

      Nous savons que l’industrie du fossile tente par tous les moyens malhonnêtes, comme la désinformation, de mettre sur le dos des VE ce bilan de pollution grossier, le fait que le VE ne représente qu’une partie infime du transport ne l’empêche pas de mettre les gros projecteurs sur cette petite partie alors qu’elle tamise la lumière sur leur énorme pollution qui fait dériver l’humanité dans ce trou toxique.

      Et bien ça ne marche pas avec ceux qui se donnent la peine d’analyser ce stratagème.
      Malheureusement je dois avouer que ça poigne en titi, même les promoteurs de VE et les écolos ont mordu à l'hameçon.
      Ils doivent voir ce document:
      https://www.automobile-propre.com/a-contresens-le-film-qui-demonte-les-intox-sur-la-voiture-electrique-tient-ses-promesses/

      Nos élus sont prêt à écouter et à subventionner ces pollueurs menteurs à coup de milliards / année.

  • Jean Richard - Abonné 16 novembre 2020 09 h 38

    Des G$ pour l'auto solo et l'étalement urbain

    Pendant que le premier ministre se prépare à annoncer son plan vert, dont une partie importante des mesures à être annoncées visent à électrifier à 100 % les foyers québécois, quelques rafales bien en dessous de la qualification vents violents ont causé de nombreuses pannes d'électricité dans le sud du Québec. Voyons un peu : pas d'électricité ? Ça veut dire qu'il ne fait pas chaud dans la cabane, qu'on oublie le café, qu'il n'y a pas d'accès internet pour le télétravail et que la bagnole à batteries ne pourra pas aller bien loin car elle n'a pas été rechargée. Déjà que l'autonomie de certaines d'entre elles sera diminuée, la pleine charge ayant provoqué des incendies de batteries.
    Même Hydro-Québec ne s'en cache pas : un réseau électrique, c'est fragile. Le 100 % électrique sans sortie de secours menace la santé et la sécurité des gens. La vallée du Saint-Laurent est un endroit propice au verglas et ce verglas est sans pitié pour les millions de kilomètres de fils électriques exposés aux intempéries.

    « Cela passera essentiellement par le maintien des subventions destinées aux acheteurs et par la multiplication des bornes de recharge » – On s'en doute, l'incitation à l'achat de voitures-solo sera à l'avant-plan des mesures, ce qui s'accompagnera de milliers de bornes de recharge. Or, tout comme les voitures-solo, les bornes de recharge sont une plaie urbaine. Elles encombrent les trottoirs et les voies cyclables, en plus de compliquer la vie aux déneigeurs. Pire, elles marquent dans certains quartiers la fin des projets de ruelles vertes, des propriétaires de voitures à batteries ayant fait pression auprès de l'administration municipale pour que les ruelles se transforment en stations-service électriques pluôt qu'en espace de plein air pour les résidents qui essaient d'améliorer la qualité de vie en ville.

    • Daniel Grant - Abonné 16 novembre 2020 09 h 58

      Évidement M.Richard n’a pas fait l’exercice d’aller au moins essayer un VE.

      Comme d’habitude vous mettez sur le dos du VE des problèmes qui ont commencé bien avant la venue des bornes électriques. L’étalement urbain et l’auto solo ça fait un siècle que ça existe avec la bagnole à pollution.

      Pourquoi le VE serait voué strictement à l’auto solo?

      Vous oubliez qu’il s’agit de mobilité électrique qui ne pollue pas et c’est d’abord ça qui importe, avoir de l’air respirable dans nos villes. Peut-être que je retournerais en ville si l’air ne puait pas les tuyaux d’échappement.
      Je préfère la senteur du trèfle que les torchères.


      HQ a déjà dit qu’elle pouvait accommoder 1 million de VE il y a déjà quelques années. De plus en plus de nous allons nous alimenter par panneaux solaire et batteries à la maison alors les petits désagréments la plupart imaginaires que vous décrivez seront du passé.

    • Jean Richard - Abonné 16 novembre 2020 13 h 18

      M. Grant, si ça peut vous rassurer, je me suis déplacé à maintes reprises grâce à l'électricité. Cette année, en 2020, j'ai pris le métro, ainsi que les vélos à assistance électrique de Bixi. Le métro circule à Montréal depuis 1966 mais ce n'est qu'à partir de 1967 que j'ai commencé à m'en servir.
      Et puis, s'il s'agit d'économie, spécifions que les voitures de métro nous viennent de La Pocatière et les vélos de Bixi de Saguenay. Alors, je n'ai pas eu besoin d'envoyer des dizaines de milliers de dollars à l'étranger pour accéder à un véhicule électrique.
      Pour les 13 000 $ et plus versés à un acheteur de voiture à batteries importée de l'étranger, voiture qui dans son concept n'a rien de différent de celle qu'elle remplace et par conséquent pourrait être la suite d'une tendance lourdement ancrée depuis maintes années : déplacer 1,2 personne à la fois, ce qui lui laisse son qualificatif d'auto-solo, si on versait ces 13 000 $ à des entreprises utilisant des vélos électriques à usage partagé (comme Bixi) ou pour le transport des marchandises légères (les milliers de petits colis venus d'Amazon), on ferait beaucoup mieux qu'avec la situation actuelle. Aujourd'hui, seule Montréal a des vélos en libre service, concept qui serait pourtant viable dans d'autres villes. Rappelons qu'à Montréal, chaque vélo Bixi profite à 10 à 20 personnes par jour et non à 1,2.
      Quant aux vélos-cargos à assistance électrique, ils contribuent à diminuer l'impact des milliers de camions de livraison diesel. Il y en a entre 800 et 900 à Montréal, mais il y a de la place pour 5 fois plus. Or, ils appartiennent à des micro-entreprises qui manquent de ressources pour augmenter leur flotte. Aider ces entreprises à désengorger les rues des quartiers ferait beaucoup mieux que de subventionner Tesla ou BMW.
      Il faut revoir, dans les villes surtout, le concept de mobilité de A à Z. L'auto à batteries subventionnée ne fait que prolonger le vieux modèle de mobilité désuet.

    • Daniel Grant - Abonné 16 novembre 2020 17 h 10

      Mais M. Richard comment pouvez-vous dire qu’il n’y a rien de différent entre un VE et une bagnole à pollution.

      Comparez un autobus électrique Lion fait au QC avec un autobus ‘scolaire’ à pétrole qui va polluer les poumons des enfants pendant une quinzaine d’année. Dans leurs va-et-vient, des gros machins polluants comme ça polluent énormément et en plus ils se promènent souvent à vide, ce qui donne un bilan de pollution pas très bon pour la santé des cyclistes comme vous.

      Sans compter les montagnes de pollution que la bagnole à pétrole a déjà produit avant d’arriver à la salle de montre (avec des centaines de pièces qui tournent de plus que le VE),
      "un VE ne pollue pas quand il roule" et c'est ça l'objectif de la mobilité électrique (en ville pour vous)
      alors qu’une bagnole à pollution va pourrir l’air que les Bixi et les bout de choux respirent pendant toute sa vie.

      Je n’ai pas vu de rapport scientifique qui contredit ceci, par contre j’ai vu des rapports soi-disant scientifiques truffés de variables désuètes et trompeuses et qui évitent de façon bien calculée de comparer d’égal à égal quand ça déplait aux commanditaires, comme ici au QC avec CIRAIG / TOTAL / ARCELORMITTAL.

      C’est tellement trompeur et bidon qu’on a réussi à faire des équivalences qui donnent à croire à ceux qui se contentent de petites phrases prêt-à-penser qu’un VE pourrait polluer autant. Ça évite de réfléchir.
      Ces rapports mettent sur le dos des VE de la pollution qui sont sur le bilan des fournisseurs d’électricité sale et des extracteurs de minerais sales et font croire que c’est le VE qui serait le problème.
      Ça prend une armée de communicants bien payés pour sortir des saloperies pareils avec la bouche en coeur, et qui peuvent bien avoir les moyens de les payer?

      C’est assez drôle de vous voir défendre l’industrie du Fossile/Auto qui se gavent de subventions grotesques à coup de milliards / année pour nous polluer impunément alors qu’on donne des miettes aux VE.

  • Pierre Samuel - Abonné 16 novembre 2020 09 h 46

    Paroles... paroles....paroles.... ( Dixit Dalida )

    Ainsi donc, le Québec sera théoriquement " carboneutre " en 2050 ( ! ) après avoir présumément éliminé les véhicules à essence en 2035 ( ! ) alors que, d'autre part, on nous mentionne que l'effort climatique du Québec est quasi nul ! ! ! Cherchez l'erreur sinon qu'on nous prend encore pour de valises de chars... à essence ou carboneutres ?

    • Jean-Yves Arès - Abonné 17 novembre 2020 11 h 46

      De la bouillie pour les chats que les histoires ces subventions monsieur Bastient. Bien sûr il y a des subventions à une industries qui traverse une passe économique difficile, comme a toute industrie qui a une place importante dans l'économie. Et dans les faits les revenus de taxes directes du secteur se chiffres en dizaines de milliards$. Sans compter que ce que l'on consomme viendrait de l'importation. Ne pas soutenir coûterait beaucoup beaucoup plus cher.

      "8 milliards$ US par année au Canada, ... en coût de santé:
      C’est l’évaluation du Fonds monétaire international pour les coûts de santé dû à la pollution de l’air des véhicules à essence."
      Bien, enlever toutes les véhicules a l'essence de la surface de terre et voyons voir si l'espérance de vie va continuée à s'accroitre a un rythme jamais vu dans l'histoire de l'humanité !
      Faudrait que le Fonds Monétaire explique en quoi la santé des gens au Médiéval était bien meilleure...

      Acheter une entreprise et voir à son expansion cela s'appel investir. Et non pas subventionner.
      Même chose pour Costal GasLink, Keyston XL, ou la garantie de prêt à l'Alberta.

      "que les gouvernements investissent dans d'autres domaines plus respectueux de l'environnement et générateurs de plus emplois."

      Peut-être. Mais en même temps on ne peut pas attendre plus de respect pour l'environnement et mettre comme incontournable la croissance économique et l'enrichissement comme projet perpétuel.

  • Jean Richard - Abonné 16 novembre 2020 10 h 00

    Des G$ pour l'auto solo et l'étalement urbain

    « des initiatives pour l’autopartage, mais aussi pour encourager le télétravail et la densification des milieux urbains. »
    Depuis quelques temps, plusieurs médias font la manchette de gens qui quittent la ville pour aller s'installer en banlieue, le télétravail ayant rendu la proximité inutile. Alors, comment peut-on encourager à la fois le télétravail et la densification ? Il pourrait y avoir quelque chose de contradictoire.
    Bref, ça cloche. De un, la voiture-solo rechargeable est indésirable en milieu urbain car avec un million de bornes de recharge nécessaire pour la faire rouler à Montréal, ce sera une nuisance transformée en super-nuisance. À Montréal, il faut planter des arbres, pas des bornes de recharge. De deux, on veut encourager le télétravail, mais on sait que dans les milieux urbains, les appartements se prêtent mal à cette réalité. Ils sont petits et souvent mal insonorisés.
    Et de trois... Le gouvernement du Québec a saboté le projet de tramway de Québec. Pour quelle raison ? Poser la question, c'est y répondre. Il suffit de relire ce qui a été dit à ce sujet. Le projet visait la densification avec en prime l'électrification efficace (l'alimentation par caténaire est beaucoup plus efficace que le stockage d'électricité dans des lourdes et polluantes batteries). Certains se sont même avancés, non sans raisons, à émettre un doute sur les intentions réelles du gouvernement derrière ce sabotage : le 3e lien, autoroutier celui-là pour étendre la banlieue vers Bellechasse et même Montmagny. Et comme on l'a fait dans la région de Montréal, il faut prévoir que ce 3e lien autoroutier offrira une voie réservée aux voitures à batteries.

    • Daniel Grant - Abonné 16 novembre 2020 10 h 32

      Mais M.Richard nous avons besoin de mobilité et pour l’instant la mobilité est très polluante et des êtres humains meurent prématurément à cause de cette pollution, les poumons des pitchounettes sont à la hauteur des tuyaux d’échappement dans vos ruelles. Les chauves-souris et les oiseaux ça ne durent pas longtemps autour des raffineries et des bassins de décantation ou les fuites de méthane surtout les raffineries canadiennes qui sont 15 fois plus polluantes que les américaines où même sous le régime de tRump les américains font mieux que nous en matière d’environnement.

      Quoique vous en disiez le VE est une mobilité à Zéro-Émission et c'est ça qui fait du bien.
      Allez essayer une Tesla et goutez au futur d'un environnement durable, vous allez voir que vous en voudrez une vous aussi une borne électrique et arrêtez de dépenser des milliards en pétrole qui profitent aux hôpitaux et écoles du Texas.

    • Gilles Fontaine - Abonné 16 novembre 2020 16 h 44

      M. Grant. Le pétrole du Québec provient très, très majoritairement du CANADA, pas du Texas...
      La voiture électrique reste un paquet de tôle polluant.
      Vivement des $ dans les transports collectifs et NON pas dans des subventions qui profitent aux plus riches; qui a les moyens d'une Bolt (35 000$ minimum + transport + taxes + assurances). Un VE, c'est predre sa vie à la gagner (dixit Serge Mongeau).
      Qu'en est-il de GNL-Québec et de Ciment McInnis qui seront les deux plus gros émetteurs de GES au Québec...

    • André Bastien - Abonné 16 novembre 2020 22 h 22

      Parlant de subventions, le pétrole est largement subventionné depuis des décennies:

      Subventions annuelles:
      - 3,5 milliards$ PAR ANNÉE
      C’est ce que leur donne l'ensemble des gouvernements du Canada depuis des décennies: ça en fait de l'argent.
      - 8 milliards$ US par année au Canada, donc 2,5 milliard$ CAD par année au Québec, en coût de santé:
      C’est l’évaluation du Fonds monétaire international pour les coûts de santé dû à la pollution de l’air des véhicules à essence.

      Autres subventions:
      - 4,5 milliards$ pour acheter le pipeline TransMontain par le gouvernement fédéral;
      - 12,6 milliards$ pour son expansion en cours;
      - 1,7 milliard$ de “relance économique COVID fédérale” pour nettoyer les puits de pétroles et de gaz abandonnés par les pétrolières.
      - 750 millions de”relance” pour aider les pétrolières à réduire leurs émissions de gaz polluants du secteur pétrolier et gazier.
      - 500 millions$ au gazoduc Coastal GasLink par Exportation et développement Canada du fédéral,
      - 1,5 milliard$ investi récemment par l'Alberta dans l'oléoduc Keyston XL.
      - 6 milliards$ de garantie de prêt par l’Alberta pour ce même oléoduc.

      Il est temps que les gouvernements investissent dans d'autres domaines plus respectueux de l'environnement et générateurs de plus emplois.

    • Daniel Grant - Abonné 16 novembre 2020 23 h 46

      M. G. Fontaine
      Oui ça vient de l’AB mais ce sont des propriétaires étrangers qui empochent les profits et qu’on subventionne de façon grotesque avec nos taxes à coup de milliards/année et qui ont vampirisé le fond patrimoine de l’AB qui n’a pas su contrôler ces prédateurs et qui nous laissent une facture de $260 milliard de dégâts en puits abandonnés qui fuient de partout et qui va payer ça, vous et moi?

      Vous vous feriez du bien en consultant le document que M. Carrier donne en référence dans son commentaire plus bas « Avoir l’heure juste » sur le VE

      Celui qui achète une Bolt aura cessé de vous polluer.
      Celui qui achète une Honda Accord de $35000 lui va pourrir votre air pour un autre 15 ans.

      Pour le même prix, choisissez votre riche.
      Est-ce que l’Acheteur de Honda va …perdre sa vie à la gagner …aussi?
      Si oui que penser de ceux qui payent beaucoup plus cher pour une grosse bagnole VUS 4x4 polluant?

      Le Québec est une solution qui cherche un problème avec GNL Québec, qui ne peut se justifier qu’en se comparant à ce qui se fait de pire, et non pas à ce qui se fait de mieux comme les énergies renouvelables et moins cher et F.Legault est incohérent quand il dit que c’est pour faire baisser les GES en Asie mais il ne compte pas les GES qui augmenteraient ici à partir de l’AB et tout le long du gazoduc et des méthaniers.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 17 novembre 2020 11 h 47

      De la bouillie pour les chats que les histoires ces subventions monsieur Bastient. Bien sûr il y a des subventions à une industries qui traverse une passe économique difficile, comme a toute industrie qui a une place importante dans l'économie. Et dans les faits les revenus de taxes directes du secteur se chiffres en dizaines de milliards$. Sans compter que ce que l'on consomme viendrait de l'importation. Ne pas soutenir coûterait beaucoup beaucoup plus cher.

      "8 milliards$ US par année au Canada, ... en coût de santé:
      C’est l’évaluation du Fonds monétaire international pour les coûts de santé dû à la pollution de l’air des véhicules à essence."
      Bien, enlever toutes les véhicules a l'essence de la surface de terre et voyons voir si l'espérance de vie va continuée à s'accroitre a un rythme jamais vu dans l'histoire de l'humanité !
      Faudrait que le Fonds Monétaire explique en quoi la santé des gens au Médiéval était bien meilleure...

      Acheter une entreprise et voir à son expansion cela s'appel investir. Et non pas subventionner.
      Même chose pour Costal GasLink, Keyston XL, ou la garantie de prêt à l'Alberta.

      "que les gouvernements investissent dans d'autres domaines plus respectueux de l'environnement et générateurs de plus emplois."

      Peut-être. Mais en même temps on ne peut pas attendre plus de respect pour l'environnement et mettre comme incontournable la croissance économique et l'enrichissement comme projet perpétuel.

    • André Bastien - Abonné 17 novembre 2020 12 h 17

      Jean-Yves Arès "des subventions à une industries qui traverse une passe économique difficile, "

      Ça fait des dizaines d'années que l'on subventionne le pétrole, même quand il n'en avait pas besoin.

      C'est une industrie en perte de vitesse. Pas du tout certain que les pipelines fonctionneront suffisamment longtemps pour être rentabilisés, surtout que le prix du pétrole actuel est inférieur aux coûts de production des sables bitumineux pour un pétrole de piètre qualité.

  • Robert Bérubé - Abonné 16 novembre 2020 10 h 40

    Existera-t-il un vaccin contre les changements climatiques?

    Pourquoi les gouvernements ont opposé au COVID une stratrégie de guerre (confinement, masque, couvre-feu, etc.) et qu'ils n'adoptent pas la même attitude vis-à-vis les changements climatiques qui ont et auront des répercussions tout aussi importantes sur la vie des gens aux dires des scientifiques. À refuser de reconnaître ce fait et d'agir en conséquence, nos politiciens nous dirigent sciemment vers l'iceberg. Maigre consolation, eux aussi seront sur le même bateau.