Chasse à l'orignal: la ZEC Petawaga songe à des recours

Des Anichinabés ont érigé des barrages durant toute la période de la chasse à l’orignal, qu’ils ont finalement levés dimanche.
Photo: Alexis Riopel Le Devoir Des Anichinabés ont érigé des barrages durant toute la période de la chasse à l’orignal, qu’ils ont finalement levés dimanche.

La saison de la chasse à l’original est terminée dans le secteur de la réserve faunique La Vérendrye, les barrages anichinabés sont levés, mais la saga se poursuit. La ZEC Petawaga, dans les Hautes-Laurentides, songe à demander une indemnisation au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) ou à la Sûreté du Québec (SQ) afin de rembourser ses membres qui n’ont pas chassé cette année.

Le secrétaire-trésorier de la ZEC Petawaga, Jean-Marc Bélanger, considère que la SQ a joué « un rôle lamentable » dans l’affaire. « On leur a demandé d’intervenir, mais ils n’ont pas agi », explique-t-il. La ZEC — dont les membres ont tué cette année près d’une quarantaine de bêtes, par rapport à une soixantaine en temps normal — fait actuellement le bilan des sommes à rembourser.

La SQ a toujours maintenu que son rôle était d’assurer la sécurité aux barrages, et non de retirer les entraves. Encore lundi, elle n’avait aucun incident majeur à rapporter en lien avec le mouvement contre la chasse à l’orignal. « On va poursuivre les enquêtes », a dit le porte-parole Marc Tessier, en spécifiant qu’une cinquantaine de dossiers étaient ouverts.

Depuis la mi-septembre, des activistes anichinabés tenaient des points de contrôle routiers afin de bloquer le passage aux chasseurs d’orignal. Ils estiment que le cheptel est menacé et demandent un moratoire de cinq ans sur la chasse sportive. Les derniers barrages ont été levés dimanche.

« Je suis à la maison maintenant, après avoir passé du temps formidable avec des membres de la communauté au barrage. Nous avons fait tellement de bruit que les chasseurs sont partis », écrivait lundi sur Facebook Gene Twenish, un membre de la nation anichinabée de Kitigan Zibi que Le Devoir avait rencontré le 8 octobre lors de son passage dans la réserve faunique.

Au moment où ces lignes étaient écrites, Dylan Whiteduck, le chef de la communauté de Kitigan Zibi, n’avait pas donné suite à notre demande de réaction. Les militants tenant les barricades bénéficiaient du soutien de plusieurs conseils de bande anichinabés, mais s’organisaient néanmoins de façon indépendante.

On enlevait les arbres [que les Autochtones plaçaient là] avec notre rétrocaveuse. Ils en coupaient et les remettaient en travers du chemin.

 

Le 7 octobre, le tribunal a accordé une injonction à la ZEC Petawaga afin de faire lever toutes les entraves sur le chemin Lépine-Clova. Toutefois, cet ordre de la cour n’a finalement eu aucune influence, selon M. Bélanger. Le barrage près de la 117 est resté en place jusqu’à dimanche, tandis que la ZEC et les activistes ont joué au chat et à la souris aux barrages situés aux kilomètres 22 et 44.

« On enlevait les arbres [que les Autochtones plaçaient là] avec notre rétrocaveuse. Ils en coupaient et les remettaient en travers du chemin. On a recommencé comme ça trois fois. Puis, à partir de mercredi dernier, ça s’est arrêté », raconte le secrétaire-trésorier. De mercredi à dimanche, des convois de chasseurs sont sortis du bois sans problème par le chemin de Ferme-Neuve.

La semaine dernière, la Fédération des pourvoiries du Québec demandait au gouvernement une indemnisation pour les pertes subies par ses membres et leurs clients. Elle dénonçait par ailleurs le « climat de tension extrême » perdurant dans le secteur.

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