La baleine à bosse empêtrée aperçue dans le parc marin

La baleine à bosse visiblement empêtrée a été observée dans le parc marin, une aire de conservation mise en place pour protéger les cétacés.
Photo: René Roy La baleine à bosse visiblement empêtrée a été observée dans le parc marin, une aire de conservation mise en place pour protéger les cétacés.

La baleine à bosse, visiblement empêtrée dans un engin de pêche dans le Saint-Laurent, a été observée de nouveau, et encore plus mal en point, dans le parc marin du Saguenay—Saint-Laurent samedi, a appris Le Devoir. Elle n’a pas été revue depuis, malgré la présence constante des bateaux d’excursions et d’une équipe d’experts dans cette aire de conservation créée pour protéger l’habitat des cétacés.

Selon les informations et les images obtenues lundi, la baleine à bosse a été vue samedi en après-midi dans le parc marin. Il s’agissait de la première observation confirmée de cet animal depuis le 2 août, date à laquelle il nageait péniblement au large de Matane. Les autorités ont alors été prévenues de l’emplacement du cétacé, a indiqué une témoin.

Mis au fait de cette observation, le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM) a dit avoir patrouillé dans le secteur dimanche et lundi afin de tenter de localiser cette baleine, mais sans succès. Son coordonnateur, Robert Michaud, a aussi indiqué que l’objectif est encore de documenter le cas, afin de déterminer si une opération de sauvetage peut ou doit être tentée.

En danger

Après avoir pris connaissance lundi des nouvelles images, le fondateur de la Station de recherche des îles Mingan et spécialiste des grands rorquals depuis plus de 40 ans, Richard Sears, a souligné que l’état de santé de l’animal se serait détérioré, puisqu’il paraissait encore plus amaigri. Il faut dire que cette baleine semble en mauvaise posture depuis déjà quelques semaines. Elle a d’abord été vue le 26 juillet au large de Port-Cartier, puis au large de Matane, le 2 août. Les vidéos montrent qu’elle qu’elle peinerait à se maintenir en surface.

À voir en vidéo, les images captées par René Roy

Le Devoir a interpellé les autorités du parc marin lundi matin, afin de savoir ce qui était fait pour ce cas. Parcs Canada a finalement répondu en fin de journée qu’il fallait s’adresser au RQUMM. Du côté du ministère fédéral Pêches et Océans Canada (MPO), qui coordonne les mesures de protection des cétacés, il n’a pas été possible d’obtenir de réponse lundi, malgré des demandes répétées.

Il a été impossible de savoir, donc, si une intervention pourrait être tentée, si la baleine est observée de nouveau. C’est en effet MPO qui doit donner l’autorisation pour mener une telle opération. Selon ce qu’a précisé le RQUMM, les sauveteurs basés au Nouveau-Brunswick auraient été informés de la situation, au cas où un désempêtrement se révélait nécessaire pour cette baleine.

Pas d’équipe au Québec

Il faut dire que le Québec ne possède pas d’équipe en mesure d’intervenir pour libérer une baleine, contrairement aux Maritimes. Si une intervention est autorisée par MPO, ce sont les équipes en place à Terre-Neuve ou au Nouveau-Brunswick qui sont alors appelées en renfort. Une situation dénoncée depuis plusieurs années par Richard Sears, qui estime que le Québec devrait se doter d’une telle équipe. Cela nécessiterait selon lui des moyens financiers, mais aussi une formation adéquate, pour intervenir auprès d’animaux imposants et qui peuvent être imprévisibles.

Le gouvernement fédéral a d’ailleurs injecté récemment des fonds afin que le Québec puisse mieux réagir lorsque des cétacés en difficulté sont observés dans le Saint-Laurent. Une « équipe » est également « en formation » afin de développer une expertise pour intervenir, mais uniquement « auprès des plus petits cétacés », comme, par exemple, les bélugas. Cela exclut les grands cétacés qui sont au cœur des activités d’une industrie touristique qui génère chaque année des millions de dollars en retombées dans la province.

Les cas de cétacés empêtrés sont peu fréquents dans la portion québécoise du Saint-Laurent, mais celui de cette baleine à bosse n’est pas le premier.