Une chaleur record de 54,4 degrés Celsius enregistrée à Death Valley

<p>La Vallée de la mort, située dans le désert des Mojaves en Californie, détient le record de la température la plus élevée jamais enregistrée sur Terre: 56,7°C, en juillet 1913.</p>
Photo: Éric Baradat Agence France-Presse

La Vallée de la mort, située dans le désert des Mojaves en Californie, détient le record de la température la plus élevée jamais enregistrée sur Terre: 56,7°C, en juillet 1913.

La vallée de la Mort, en Californie, n’a jamais aussi bien porté son nom que pendant la canicule qui frappe actuellement l’ouest des États-Unis : la température y est montée dimanche jusqu’à 54,4 °C, la troisième plus élevée jamais relevée sur Terre. Un comité spécial va désormais enquêter pour valider l’événement.

Comme pour tous les relevés officiels, le thermomètre concerné, qui est électronique et automatique dans ce cas, se trouve à l’ombre, à l’intérieur d’une boîte, à environ deux mètres du sol. Son site porte un nom de circonstance lui aussi : « Furnace Creek », le ruisseau de la fournaise.

En plein après-midi dimanche, à 15 h 41 locales, il a enregistré 130 degrés Fahrenheit, soit 54,4 degrés Celsius.

« Si elle est vérifiée, il s’agira de la température la plus chaude officiellement vérifiée (aux États-Unis, NDLR) depuis juillet 1913, également dans la Death Valley », a annoncé l’antenne de Las Vegas du service météorologique américain.

Le 10 juillet 1913, une station météo à une demi-heure de marche de là avait enregistré ce qui reste officiellement le record du monde : 56,7 °C. 

Suivent les 55 °C relevés à Kebili, en Tunisie, en 1931. En 2016 et 2017, les 54 °C avaient été atteints à deux endroits, au Koweït et au Pakistan.

Excitant ? « Évidemment, je suis météorologue ! » a répondu lundi à l’AFP Dan Berc, du bureau météorologique de Las Vegas, qui est responsable de la station.

« Quand j’étais petit, c’était vraiment cool d’imaginer des températures de 130 degrés Fahrenheit, sans jeu de mots », dit-il.

Il explique les prochaines étapes : « dès que possible », une équipe ira chercher le thermomètre pour « le tester et vérifier qu’il fonctionnait correctement ».

Un « comité sur les extrêmes climatiques » va être constitué avec des météorologues et d’autres experts, et validera le relevé d’ici quelques mois, selon lui.

Fini le mercure 

La station automatique est en plein désert, à deux heures de route à l’ouest de Las Vegas, l’un des endroits les plus hostiles de la planète en cette saison. 

La chaleur est telle que les touristes les plus intrépides prennent le temps de se faire prendre en photo à côté du thermomètre (non officiel) qui orne l’entrée du centre des visiteurs de Furnace Creek.

Le service américain des parcs nationaux avertit que la vallée de la Mort est le parc national le plus chaud, le plus sec et le plus bas du pays. Des randonneurs meurent régulièrement dans la zone.

La validation par un comité scientifique n’est pas une simple formalité : dans le passé, des records n’ont pas été homologués.

Ainsi, pendant des décennies, le record mondial de chaleur datait officiellement de 1922 à El Azizia, dans la Libye moderne : 58 °C. 

Mais un panel d’experts de l’Organisation météorologique mondiale avait enquêté en détail de 2010 à 2012 sur ce record planétaire, avant de conclure que le relevé était sans doute surévalué de 7 degrés, en raison d’appareils problématiques et d’un observateur inexpérimenté.

Le record du monde de 1913 pourrait en théorie lui aussi être rayé des tablettes : en 2016, deux experts américains, William Reid et Christopher Burt, ont publié une longue analyse concluant à une erreur ; mais aucune investigation officielle n’est en cours.

À Las Vegas, Dan Berc explique que le thermomètre électronique du relevé de dimanche avait été installé en parallèle de l’ancien thermomètre à mercure officiel. Pendant trois ans, les météorologues ont vérifié que le nouveau thermomètre était aussi précis, et depuis 2015, il était devenu le thermomètre officiel, celui au mercure ayant été retiré.

La même rigueur scientifique guide les relevés de records pour de multiples événements : les températures basses (-89,2 °C à Vostok dans l’Antarctique en 1983), les précipitations (3,93 mètres d’eau tombés en 72 heures dans le cratère Commerson de La Réunion en 2007), le grêlon le plus lourd (1,02 kg, Bangladesh, 1986) ou encore l’éclair le plus long (16 secondes en Argentine en mars 2019).

À voir en vidéo