Le Canada veut mieux protéger ses écosystèmes côtiers

Une baleine à bosse dans la baie de Hartley, en Colombie-Britannique
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Une baleine à bosse dans la baie de Hartley, en Colombie-Britannique

Disant vouloir mieux protéger les écosystèmes côtiers du Canada, le gouvernement fédéral a décidé d’investir 1,2 million de dollars pour faciliter le partage de données océanographiques en ligne. Les informations diffusées proviendront de projets menés dans des zones côtières de différentes régions du pays susceptibles d’être touchées par l’augmentation du trafic maritime.

« La collecte de données de référence est essentielle à notre compréhension des écosystèmes marins, et à notre capacité à protéger les espèces et leurs habitats marins pour les générations futures », explique Ashley Jackson, porte-parole du ministère des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne (MPO). « Les données peuvent également être utilisées pour éclairer les décisions qui ont une incidence sur les environnements marins vulnérables. »

Coordonné par le MPO, le projet doit permettre de mieux comprendre « les zones du pays réputées pour avoir une circulation maritime élevée ou qui a le potentiel d’en avoir une », dit Mme Jackson. Elle ajoute que les scientifiques fédéraux « travailleront en étroite collaboration avec les collectivités côtières et autochtones dans ces secteurs pour élaborer le programme et le mettre en œuvre, et déterminer les données qui seront recueillies ».

La coordination du projet sera assurée par l’Observatoire global du Saint-Laurent (OGSL), basé à Rimouski. C’est cette organisation qui s’occupera de diffuser les données récoltées par 39 groupes scientifiques de différentes régions du Canada.

Des données accessibles

L’objectif de l’OGSL est de rendre ces données (qui peuvent parfois être complexes à comprendre ou même à trouver) plus facilement accessibles au public, en les mettant sur un portail en ligne.

Si une personne s’intéresse à la situation des baleines noires, elle n’aura qu’à accéder à l’application Biodiversité, qui regroupe plus d’un million de relevés concernant des espèces marines. L’application permettra par exemple à la personne de visualiser l’abondance des baleines noires sur une carte au fil des temps.

« Notre objectif est vraiment de démocratiser l’accès aux données, de les rendre disponibles à tous, puisqu’elles appartiennent autant aux citoyens qu’aux professionnels », explique Andréane Bastien, directrice de l’OGSL. « Notre rôle n’est pas d’interpréter les données, mais de les rendre disponibles pour les chercheurs, les pilotes maritimes ou encore les pompiers qui ont une intervention à faire », ajoute-t-elle.

Le projet est possible grâce à la collaboration de groupes scientifiques qui travaillent dans les trois océans bordant les côtes canadiennes. Ce sont eux qui fournissent les données à l’Observatoire. C’est notamment le cas de l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER).

« On fait de la recherche en océanographie sur tous les grands enjeux », souligne Guillaume St-Onge, directeur de l’ISMER. Avec l’aide du Coriolis II, leur navire de recherche, les chercheurs de l’ISMER étudient notamment le changement climatique, les phoques, les poissons et les différents courants. « On met des radars le long de la côte. Ces radars-là permettent de mesurer les courants et les vagues. Les données sont ensuite traitées en temps réel et visualisées grâce au travail de l’OGSL », illustre M. St-Onge.

L’OGSL utilisera ce financement du gouvernement pour embaucher davantage de personnel, au moment où l’Observatoire travaille sur un projet qui doit permettre de rendre les données de leur site disponibles sur plusieurs plateformes numériques. « On a engagé des gens en intégration de données, d’autres qui connaissent le milieu marin et un coordonnateur spécialisé en gestion de données, explique Mme Bastien. C’est vraiment une équipe, j’ose dire, un peu plus technique, proche de l’informatique. »

Cet investissement du fédéral fait partie du Programme sur les données environnementales côtières de référence, lancé en 2016, avec un budget de 50,8 millions de dollars sur 5 ans.

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