Les concentrations d’arsenic dépassent les normes dans l’est de Montréal

Deux des trois stations d'échantillonnage ont détecté des taux supérieurs au seuil acceptable, soit 5,1 et 5,4 ng / m3.
Photo: iStock Deux des trois stations d'échantillonnage ont détecté des taux supérieurs au seuil acceptable, soit 5,1 et 5,4 ng / m3.

Le taux d’arsenic dans l’air de l’est de Montréal a baissé, mais deux stations d’échantillonnage installées dans les secteurs visés il y a un an et demi ont tout de même détecté en 2019 des concentrations dépassant les normes provinciales.

Montrée du doigt comme source importante des émanations d’arsenic, l’affinerie de cuivre CCR, de Montréal-Est, a mis en place des mesures pour réduire ses émissions toxiques au cours de la dernière décennie. Il y a deux ans, l’entreprise s’est dotée d’un nouveau dépoussiéreur qui lui aurait permis de réduire de façon importante les émissions d’arsenic dans l’environnement. Et en 2018, des stations de mesure de la qualité de l’air ont été ajoutées dans ce secteur.

Une des trois stations d’échantillonnage de l’est de Montréal a enregistré un taux d’arsenic inférieur à la norme provinciale de 3 ng / m3, mais les deux autres ont détecté des taux supérieurs au seuil acceptable, soit 5,1 et 5,4 ng / m3. « Ce résultat nous préoccupe », a souligné mercredi le Dr David Kaiser, médecin à la Direction régionale de la Santé publique (DRSP) de Montréal.

Comme RCC aurait réussi à réduire ses émissions d’arsenic sous les seuils établis par le ministère de l’Environnement, la DRSP en conclut qu’il pourrait y avoir d’autres sources d’émissions d’arsenic dans le secteur. Dans son avis publié mercredi, la DRSP presse donc la Ville d’identifier ces autres sources potentielles, possiblement des industries présentes dans l’est de l’île.

La DRSP recommande aussi que la surveillance de la concentration des métaux se poursuive et que les stations d’échantillonnage soient maintenues.

Le Dr Kaiser estime que les résidents du secteur n’ont pas à s’inquiéter au sujet des risques pour leur santé car ceux-ci demeurent faibles. « Les niveaux d’arsenic qu’on voit à Montréal et même dans les secteurs en question sont quand même très faibles et les normes provinciales sont très protectrices », a-t-il expliqué.

La mairesse de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Caroline Bourgeois, a reconnu que l’enjeu de la qualité de l’air préoccupait les citoyens. « Je sais à quel point ce sont des dossiers extrêmement sensibles pour les citoyens, a-t-elle dit. Il y a des améliorations notables dans la réduction des émissions d’arsenic de CCR dans l’est de Montréal. En juin 2019, les résultats démontrent une diminution de 50 % des émissions annuelles et de 75 % sur une période de huit heures. »

Elle a d’ailleurs rappelé que dans son bilan pour l’année 2019 publié en juin dernier, le Service de l’environnement de la Ville de Montréal avait constaté que la qualité de l’air dans l’est de Montréal était similaire à celle des autres secteurs de l’île.