Les navires ne réduiraient pas leur vitesse pour protéger les baleines noires

Trente baleines noires sont mortes au large du Canada et des États-Unis depuis 2017.
Photo: Michael Dwye Archives Associated Press Trente baleines noires sont mortes au large du Canada et des États-Unis depuis 2017.

Les deux tiers des navires qui passent par le détroit de Cabot ne réduiraient pas volontairement leur vitesse pour protéger les baleines noires de l’Atlantique Nord, en danger critique d’extinction, qui migrent dans ce secteur, selon un organisme écologiste.

Oceana Canada a publié mardi une étude qui conclut qu’entre le 28 avril et le 15 juin, dans le détroit de Cabot, 67 % des navires étudiés — 464 sur 697 — auraient dépassé la limite de 10 nœuds proposée l’hiver dernier par Ottawa dans un « essai de ralentissement volontaire ». Or, selon l’organisme, lorsqu’un bateau heurte une baleine à plus de 10 nœuds, il y a peu de chances que l’animal survive.

Si la plupart des contrevenants (366) dépassaient un peu la vitesse demandée, en naviguant entre 10 et 14 nœuds, dix des bateaux dépassaient les 20 nœuds — le double de la limite demandée. Selon l’organisme, il est clair que le « ralentissement volontaire » demandé par Ottawa ne fonctionne pas : cette mesure dans le détroit de Cabot devrait donc être rendue obligatoire pour protéger les baleines contre les collisions avec les navires, « avant qu’il ne soit trop tard ».

Kim Elmslie, directrice de la campagne sur la baleine noire à Oceana Canada, rappelle que les cétacés n’ont pas le luxe d’attendre. « Nous avons été choqués par le niveau élevé de non-conformité », a-t-elle écrit dans un courriel. Oceana Canada demande à Ottawa de rendre obligatoire cette mesure de ralentissement dans le détroit de Cabot dès le 1er octobre, alors que doit s’amorcer la deuxième période de réduction volontaire de vitesse.

Le détroit de Cabot, entre l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, et la pointe ouest de Terre-Neuve-et-Labrador, constitue un corridor essentiel pour les baleines noires de l’Atlantique Nord qui migrent vers le golfe du Saint-Laurent, où elles se nourrissent de petits crustacés. Transports Canada a adopté la réduction volontaire de vitesse cette année dans le cadre d’une série de mesures visant à protéger l’espèce, dont il ne reste qu’environ 400 individus sur la planète.

Le ralentissement volontaire pour les navires de plus de 13 mètres était en vigueur du 28 avril au 15 juin, période pendant laquelle les baleines pénètrent généralement dans le golfe du Saint-Laurent. La limite de 10 nœuds — l’équivalent de 18,5 km/h — doit être rétablie entre le 1er octobre et le 15 novembre, une autre période de migration.

Les baleines noires sont apparues cette année pour la première fois dans les eaux canadiennes au début de mai, ce qui a entraîné la fermeture temporaire des pêches avec engins fixes, en vertu de nouvelles règles fédérales.

Trente baleines noires sont mortes au large du Canada et des États-Unis depuis 2017 ; les deux tiers des décès ont eu lieu en eaux canadiennes. La plupart sont mortes à la suite d’une collision avec un navire, mais certaines ont été victimes d’enchevêtrements dans des engins de pêche.

À voir en vidéo