Un tribunal américain ordonne la fermeture temporaire d’un oléoduc controversé

La décision de Donald Trump de relancer le Dakota Access en janvier 2017 avait été grandement opposée par plusieurs nations autochtones à travers les États-Unis.
Photo: Jason Connolly Archives Agence France-Presse La décision de Donald Trump de relancer le Dakota Access en janvier 2017 avait été grandement opposée par plusieurs nations autochtones à travers les États-Unis.

Un tribunal américain a ordonné lundi la fermeture temporaire du Dakota Access Pipeline, un oléoduc dont le tracé est contesté depuis des années par des nations autochtones et des associations de protection de l’environnement.

L’oléoduc de près de 1900 kilomètres, qui relie le bassin de la formation de Bakken dans le Dakota du Nord à un centre de distribution dans l’Illinois, devra être clôturé d’ici au 5 août.

Dans une décision de 24 pages, le juge de Washington James E. Boasberg a estimé que le pipeline était loin de respecter les normes environnementales, notamment concernant les risques de fuite de pétrole.

M. Boasberg a par conséquent suspendu un permis d’exploitation, accordé par le Corps des travaux publics de l’armée américaine à l’entreprise Energy Transfers, pour construire une portion de l’oléoduc sous le lac de barrage Oahe dans le Dakota du Sud et le Dakota du Nord.

« Craignant de graves conséquences environnementales, les nations autochtones des réserves à proximité cherchent depuis plusieurs années à annuler les permis fédéraux autorisant le Dakota Access Pipeline à transporter du pétrole sous le lac », écrit le juge.

« Aujourd’hui, ils ont finalement atteint leur but, du moins pour le moment », poursuit-il.

Ce jugement est un revers de taille pour le président américain Donald Trump, qui avait relancé le Dakota Access en janvier 2017, peu après sa prise de fonction, parallèlement à un autre projet controversé d’oléoduc, le Keystone XL.

Ces deux chantiers avaient été gelés par l’administration Obama.

La décision de M. Trump avait été contestée par les tribus sioux de Standing Rock et de Cheyenne River, qui avaient saisi la justice, alertant notamment sur les menaces de contamination de l’eau potable et la dégradation de leurs sites sacrés.