L’abattage de 10 000 visons aux Pays-Bas suspendu, pour l’instant

En 2016, la plus haute instance judiciaire des Pays-Bas a ordonné la fermeture des élevages de visons d’ici 2024.
Photo: Jean-Pierre Muller Agence France-Presse En 2016, la plus haute instance judiciaire des Pays-Bas a ordonné la fermeture des élevages de visons d’ici 2024.

Un juge néerlandais, saisi par des défenseurs des animaux, a ordonné jeudi soir un report de l’abattage de plus de 10 000 visons d’élevage potentiellement infectés au nouveau coronavirus, qui devait débuter vendredi.

Les autorités néerlandaises avaient ordonné cet abattage car des cas de COVID-19 auraient été signalés chez les petits mammifères de cet élevage, qui ont « probablement » transmis la maladie à deux employés.

Mais jeudi soir un juge d’un tribunal économique spécialisé a décidé d’un report, jusqu’à une audience lundi lors de laquelle deux groupes de défense des animaux seront entendus.

Le nettoyage de ces élevages, qui touche sept entreprises réparties sur neuf sites dans le sud des Pays-Bas, vise à éviter qu’ils ne deviennent des foyers de contamination, avaient expliqué mercredi la ministre de l’Agriculture, Carola Schouten, et le ministre de la Santé publique, Hugo de Jonge, suite à un avis des autorités sanitaires.

« L’avis montre que le virus peut continuer à circuler dans les élevages de visons pendant une longue période et peut donc présenter un risque pour la santé publique et animale », ont écrit les ministres dans une lettre envoyée au Parlement.

Les ministres ont évoqué une mesure « difficile » pour les éleveurs touchés, qui auront droit à une compensation financière.

Le Comité de bien-être des animaux veillera à ce que les visons soient abattus de « manière responsable », ont-ils assuré.

Les autorités ont signalé en mai deux cas plausibles de contamination de Néerlandais par des visons, qui pourraient être selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) les « premiers cas connus de transmission » du nouveau coronavirus de l’animal à l’homme.

Le gouvernement a par conséquent interdit le transport de ces animaux et rendu le dépistage de COVID-19 obligatoire dans tous les élevages de visons du pays.

L’élevage de visons en vue de la commercialisation de leur fourrure est très controversé aux Pays-Bas. En 2016, la plus haute instance judiciaire du pays a ordonné la fermeture des élevages d’ici 2024.