Les masques jetables, une autre source de pollution, prévient Greenpeace

<p>Selon Greenpeace, la solution passe notamment par le gouvernement du Québec, qui devra encourager la fabrication et le port du masque réutilisable.</p>
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir

Selon Greenpeace, la solution passe notamment par le gouvernement du Québec, qui devra encourager la fabrication et le port du masque réutilisable.

Frappé par la crise sanitaire, le Québec aura également sur les bras un grave problème environnemental s’il privilégie les masques jetables, prévient Greenpeace.

L’organisme exprime des inquiétudes au moment où le gouvernement Legault recommande « très fortement » le port du masque en société et flirte avec l’idée de le rendre obligatoire.

Vendredi dernier, François Legault a promis le don d’un million de masques à la ville de Montréal et de 6 millions $ aux sociétés de transport afin qu’elles puissent distribuer des masques à l’entrée de leurs services.

Le premier ministre avait auparavant indiqué que le Québec aurait besoin de « dizaines de millions » de masques.

Déjà, les masques et les gants jetables polluent les trottoirs de la métropole, s’est désolée en entrevue mardi Agnès Le Rouzic, responsable de la campagne Océans et plastique chez Greenpeace Canada.

Ces objets, non biodégradables et potentiellement contaminés, risquent de se retrouver en grande partie dans les sites d’enfouissement, mais aussi dans les égouts puis dans les différents cours d’eau, prévient-elle.

Elle calcule qu’une personne qui doit se rendre au travail et porter le masque utilise en moyenne trois masques jetables par jour.

« On a déjà un problème de pollution qui est extrêmement grave, a déclaré Mme Le Rouzic. On est en train de créer une autre forme de pollution qui n’existait pas avant, alors même qu’on n’a pas diminué ni interdit aucun des plastiques à usage unique qu’on retrouve le plus dans l’environnement. »

Elle a dit s’attendre à ce que le Québec, plus touché par la COVID-19, connaisse des problèmes environnementaux plus importants.

La solution, selon Greenpeace, passe notamment par le gouvernement du Québec, qui devra encourager la production locale et le port du masque réutilisable.

Il ne s’agit pas de « diaboliser » le masque jetable en période de crise sanitaire, mais de prévenir contre les risques pour l’environnement, assure-t-on.

Suremballage

L’organisme s’inquiète par ailleurs du suremballage des fruits et des légumes dans certaines épiceries. Il met en garde contre le fait de penser que le plastique est « la matière hygiénique par excellence ».

Le plastique procurerait aux clients « une fausse impression de sécurité », avance-t-on, alors que l’important reste de bien laver ses produits.

Pour appuyer ses dires, Greenpeace cite deux études menées au Royaume-Uni et en Allemagne, qui démontrent que le plastique est l’une des matières sur lesquelles le virus reste viable le plus longtemps.

« Les lobbys du plastique ont vraiment fait un sacré travail de sape pour faire reculer toutes les avancées qu’on avait obtenues au niveau des interdictions des sacs de plastique notamment, soutient Mme Le Rouzic. On a presque l’impression d’avoir à recommencer à zéro.

« Je pense qu’il y a énormément de consommateurs qui voient ça aller et qui ne sont pas forcément très contents, donc on va continuer notre travail auprès du gouvernement », a-t-elle promis.

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