L’Islande renonce à la chasse à la baleine

L'Islande comptait abattre 200 rorquals communs cette année. Ce cétacé, le deuxième plus gros animal au monde, est souvent aperçu dans le Saint-Laurent.
Photo: Alexandre Shields L'Islande comptait abattre 200 rorquals communs cette année. Ce cétacé, le deuxième plus gros animal au monde, est souvent aperçu dans le Saint-Laurent.

Dans un geste salué par les groupes écologistes, les baleiniers islandais ont décidé de renoncer à la chasse cette année, essentiellement en raison des difficultés à exporter la viande des cétacés abattus. Le pays a harponné plus de 1700 baleines au fil des ans, malgré l’existence d’un moratoire international sur la chasse commerciale.

La seule entreprise qui prévoyait une campagne de chasse cette année, Hvalur HF, a décidé d’y renoncer, en raison des incertitudes quant à la rentabilité des opérations. Il faut savoir que le marché pour la viande des rorquals communs qui devaient être harponnés se résume au Japon, un pays qui a lui-même décidé de relancer la chasse commerciale à la baleine. Dans ce contexte, il devenait difficile d’écouler la viande sur ce marché d’exportation. Cette situation perdure d’ailleurs depuis quelques années.

En 2019, Hvalur HF avait également renoncé à la chasse, cette fois en faisant valoir le manque de temps pour préparer ses navires. En 2018, lors de sa dernière saison de chasse à la baleine, l’entreprise avait abattu 146 rorquals communs.

Arrêt définitif

L’autre entreprise islandaise qui se consacrait à la chasse aux cétacés a elle aussi décidé d’abandonner les campagnes au large des côtes du pays insulaire. Dans son cas, la chasse au petit rorqual n’était tout simplement plus rentable. « Je ne chasserai plus jamais la baleine, j’arrête définitivement », a même annoncé son directeur général, Gunnar Bergmann Jonsson, à l’Agence France-Presse.

L’Islande avait pourtant fixé des quotas pour le harponnage d’un peu plus de 200 rorquals communs, le deuxième plus grand animal vivant sur Terre, et d’autant de petits rorquals. Ces deux espèces, qu’on peut fréquemment observer dans le Saint-Laurent, sont également chassées par la Norvège, qui se fixe chaque année un quota de plusieurs centaines de baleines.

L’association touristique islandaise a déploré à plusieurs reprises la chasse à la baleine. Elle évalue que les animaux vivants ont plus de valeur que ceux qui sont tués chaque année. Il faut dire que l’industrie des croisières d’observation de baleines est de plus en plus populaire, au point de rapporter plus de huit millions de dollars chaque année. Ce pays est en effet une des meilleures destinations en Europe pour ce type d’activité. Pas moins de 20 espèces de cétacés peuvent être observées dans les eaux ceinturant l’Islande.

Rejet de moratoire

L’Islande et la Norvège chassent la baleine sur une base commerciale depuis plusieurs années, puisqu’ils rejettent le moratoire international sur la chasse commerciale mis en place en 1986 par les pays membres de la Commission baleinière internationale (CBI), pour éviter l’extinction de plusieurs espèces de cétacés.

Dans le cas du Japon, la chasse commerciale a été relancée en 2019, après la décision de Tokyo de quitter la CBI en décembre 2018. Le pays chasse trois espèces, dont le rorqual boréal, une espèce classée « en danger » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, et le rorqual de Bryde, dont on ignore l’état précis des populations.

Avant de relancer la chasse commerciale, le Japon avait auparavant tenté, en vain, de convaincre les autres pays membres de relancer la chasse commerciale. Tokyo a aussi mené pendant plusieurs années une chasse dite « scientifique » en Antarctique, une pratique dénoncée par certains États, dont l’Australie, et critiquée par la Cour internationale de justice. Il a ainsi tué un peu plus de 10 000 baleines en 30 ans.