La pandémie entraînera-t-elle une baisse des émissions de GES bénéfique pour l’environnement?

La 50e édition du Jour de la Terre se déroulait mercredi avec 4,5 milliards d’êtres humains confinés, mais on constate depuis déjà quelques semaines une réduction marquée du trafic automobile, une baisse de l’activité industrielle et une chute abrupte du transport aérien.
Photo: Données: Agence internationale de l'énergie et Carbon Brief.

Dans ce contexte, on peut prévoir une baisse des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), par rapport au scénario qui était prévu normalement pour l’année 2020 (comme le démontre le graphique ci-dessus). Premier pays frappé par la crise sanitaire, la Chine (premier émetteur mondial) a vu ses émissions reculer temporairement de près de 25%, en raison notamment des effets de la pandémie sur le transport, mais aussi sur la production industrielle, très dépendante du charbon.

À l’échelle de la planète, on s’attend aussi à une réduction pour cette année, même si celle-ci est pour le moment difficile à chiffrer avec précision. La production et la consommation d’énergie, qui comptent pour près de 80% des émissions mondiales de GES, devraient connaître un recul d’au moins 5,5%, selon une analyse de Carbon Brief. Cela équivaut à éviter l’émission de deux milliards de tonnes, par rapport aux 33 milliards de tonnes produites en 2019 (voir notre graphique plus haut). C’est l’équivalent de deux fois et demie les émissions annuelles du Canada.

Or, cette baisse sera «temporaire», prévient mercredi l’Organisation météorologique mondiale. Une fois que l’économie mondiale reprendra de la vitesse, on prévoit un rebond des émissions de gaz à effet de serre. Tout cela dans un contexte où celles-ci devraient pourtant reculer chaque année de 7,6%, d’ici 2030, pour espérer limiter le réchauffement global à 1,5 °C, soit l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris.

Alors que tous les signaux scientifiques pointent vers une accélération des effets des bouleversements du climat au cours des prochaines années, les appels se multiplient pour que la relance économique planétaire favorise la «transition» énergétique réclamée depuis des années. Mais pour le moment, difficile de prévoir si la reprise sera aussi «verte» que celle souhaitée par le Programme des Nations unies pour l’environnement.

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