Le BAPE sur GNL Québec est annulé

Photo: Alexandre Shields Le Devoir Le BAPE devait se pencher sur les impacts de la navigation commerciale de GNL Québec, qui se fera dans un habitat du béluga protégé par la loi.

Le BAPE a annoncé vendredi en fin de journée l’annulation pure et simple de la commission d’examen qui devait étudier le projet d’usine gazière de GNL Québec. Ce geste, qui implique le report des audiences publiques à une date qui ne peut être précisée pour le moment, est imputable à la crise de la COVID-19.

Par voie de communiqué, le président du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), Philippe Bourke, a indiqué que la décision a été prise par le ministre de l’Environnement, Benoit Charette.

Le ministre a donc choisi de retirer le mandat qu’il avait accordé au BAPE concernant le projet d’exportation de gaz naturel liquéfié, et ce, « à la suite des directives annoncées par le gouvernement du Québec au sujet de la pandémie de la COVID-19 ». Selon ces directives, tout rassemblement de 250 personnes ou plus dans un lieu situé à l’intérieur doit être proscrit, afin de limiter les risques de propagation du virus.

Normalement, les audiences publiques devaient débuter lundi soir à Chicoutimi, au Saguenay — Lac-St-Jean. Le BAPE n’a pas précisé quand le mandat sur le mégaprojet industriel Énergie Saguenay pourra être relancé. Cette décision appartient au ministre Benoit Charette.

La commission d’enquête du BAPE qui vient d’être annulée était dirigée par deux commissaires. Ceux-ci devaient remettre leur rapport et leurs recommandations au gouvernement Legault au plus tard le 15 juillet. Les audiences devaient se tenir uniquement au Saguenay — Lac-St-Jean.

Le projet Énergie Saguenay, de GNL Québec, suscite des débats au Saguenay, mais il soulève aussi divers enjeux environnementaux. Les émissions de gaz à effet de serre annuelles liées à ce projet d’exportation de gaz naturel albertain doivent atteindre environ 8,5 millions de tonnes de gaz à effet de serre chaque année, soit l’équivalent de l’ajout de 3,4 millions de voitures sur les routes du Canada.

Des avis scientifiques d’experts du gouvernement du Québec et du gouvernement fédéral ont également mis en lumières des risques potentiels pour le rétablissement du béluga du Saint-Laurent, en raison des impacts de la navigation maritime commerciale associée au projet.

Dans le cas du projet de gazoduc de 750 kilomètres qui doit alimenter l’usine de GNL Québec, l’étude d’impact est toujours en cours d’élaboration. L’examen du BAPE devrait suivre, mais à une date qui n’est pas encore connue. La décision d’autoriser la construction du gazoduc revient uniquement au gouvernement fédéral, puisque la conduite doit traverser le territoire de deux provinces.
 

Autres mandats

La crise de la COVID-19 a également forcé l’annulation du mandat accordé au BAPE pour l’étude du projet de ligne d’exportation Appalaches-Maine, d’Hydro-Québec. Les audiences publiques devaient débuter le 6 avril.

Les travaux de trois autres commissions d’enquête, en cours depuis plusieurs semaines, sont maintenus, leurs séances publiques ayant déjà été tenues.

Il s’agit des mandats d’audience concernant le projet d’agrandissement du lieu d’enfouissement technique de Sainte-Sophie, le projet minier Matawinie à Saint-Michel-des-Saints et le mandat confié au BAPE sur L’état des lieux et la gestion de l’amiante et des résidus miniers amiantés.