Ottawa impose d’autres mesures pour protéger la baleine noire de l’Atlantique

Depuis juin 2017, un nombre inhabituellement élevé de baleines noires sont mortes, ce qui a réduit la population de l’Atlantique Nord à environ 400 bêtes.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Depuis juin 2017, un nombre inhabituellement élevé de baleines noires sont mortes, ce qui a réduit la population de l’Atlantique Nord à environ 400 bêtes.

Ottawa annonce de nouvelles mesures pour protéger la baleine noire de l’Atlantique Nord, en danger critique d’extinction, mais les responsables ont tenu à préciser jeudi que ces règles n’entraîneraient pas davantage de fermetures de pêche dans le golfe du Saint-Laurent ou la baie de Fundy : ces fermetures seront simplement plus ciblées.

Le gouvernement fédéral assure que ces changements sont nécessaires pour faire face aux déplacements imprévisibles des baleines dans les eaux canadiennes. La ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Bernadette Jordan, a indiqué que les nouvelles règles visent à réduire les principales causes du déclin de la population des baleines : les collisions avec les navires et les enchevêtrements dans les engins de pêche.


Depuis juin 2017, un nombre inhabituellement élevé de baleines noires sont mortes, ce qui a réduit la population de l’Atlantique Nord à environ 400 bêtes ; l’espèce est donc en voie d’extinction. Depuis trois ans, 30 baleines mortes ont été retrouvées — 21 au Canada et neuf aux États-Unis.

Pour éviter les enchevêtrements, Pêches et Océans Canada utilisera un nouveau système dynamique pour les fermetures de pêche lorsque des baleines sont repérées dans le golfe du Saint-Laurent et la baie de Fundy. Contrairement aux fermetures statiques d’une saison imposées par le passé, les responsables des pêches déclareront désormais des fermetures dans les zones où les baleines sont détectées plus d’une fois en 15 jours. Ces zones, de 2000 kilomètres carrés, resteront fermées à la pêche jusqu’au 15 novembre.

« Nous allons former comme une grille autour de la baleine à mesure qu’elle se déplace, afin de ne pas fermer une zone complète », a expliqué la ministre Jordan, jeudi à Ottawa. « C’est extrêmement important pour nos pêcheurs, car ils pourront savoir où les choses vont aller, au lieu de fermer une grande zone. »

Une fois la zone fermée, les pêcheurs doivent retirer tous leurs engins de pêche fixes, comme les casiers à homard et à crabe. De plus, le ministère a confirmé jeudi qu’il élargira l’imposition de ce type de fermeture dans la baie de Fundy, en réponse au retour d’un plus grand nombre de baleines noires dans la baie l’an dernier.

Limites de vitesse

Une autre nouvelle mesure nécessite une amélioration du marquage des engins. Les pêcheurs de homard et de crabe devront marquer tous leurs cordages pour indiquer à quelle pêche ils sont destinés et à quel endroit. Les nouveaux marquages aideront les autorités et les chercheurs à déterminer où précisément les enchevêtrements ont lieu.

Entre-temps, Transports Canada affirme que les navires de plus de 13 mètres devront se conformer aux nouvelles règles pour réduire les collisions avec les navires, y compris de nouvelles limites de vitesse dans une vaste zone au nord-est du Nouveau-Brunswick et au sud de l’île d’Anticosti.

Comme les saisons précédentes, des limites de vitesse de 10 noeuds seront appliquées dans l’ouest du golfe du Saint-Laurent à compter du 28 avril. Les navires seront autorisés à naviguer à des vitesses normales dans certaines parties des voies de navigation au nord et au sud de l’île d’Anticosti, à moins qu’une baleine noire ne soit détectée dans la zone. Une fois que cela se produit, un ralentissement obligatoire à 10 noeuds sera imposé pendant 15 jours.

Les nouvelles mesures incluent également deux zones de gestion saisonnières, dont une zone de restriction dans la vallée de Shédiac, que les navires devront éviter ou dans laquelle ils devront réduire leur vitesse à huit noeuds.

Les autorités ont par ailleurs confirmé jeudi qu’un drone et un planeur acoustique sous-marin seront dorénavant utilisés, en plus des avions, dans le cadre d’une surveillance régulière pendant une partie de la saison.