Quatre marques d’ici qui se démarquent

Jessica Dostie Collaboration spéciale
Les «diamants» de Cinderella Garbage sont conçus à partir de déchets vitrifiés.
Photo: Caroline Perron Les «diamants» de Cinderella Garbage sont conçus à partir de déchets vitrifiés.

Ce texte fait partie du cahier spécial Développement durable

Cosmétiques, alimentation, mode et décoration : quatre secteurs, quatre marques québécoises qui se démarquent en matière de développement durable grâce à leurs pratiques à la fois responsables et innovantes. Au-delà de la fabrication locale, leur philosophie mise sur le réemploi, voire le zéro déchet. Présentations.

Les savonnettes de Bkind

D’abord et avant tout microbiologiste, Maryline Bouchard a commencé à concocter ses propres soins corporels dans sa cuisine, juste pour elle. La gamme a depuis pris de l’expansion, à tel point que la jeune femme d’affaires a ouvert une boutique sur le boulevard Saint-Laurent, à Montréal. Elle y propose notamment des savons « touski » concoctés à partir d’ingrédients qui s’accumulaient dans l’entrepôt. « Nous avons toujours un “spécial” touski, souligne-t-elle. En ce moment, c’est graines de canneberge et agrumes ». Il y a plus : Bkind vend aussi plusieurs de ses produits en vrac, du shampoing au déodorant, en passant par l’eau de linge.

 
Photo: BKIND Les savons «touski» sont fabriqués à partir de surplus d'ingrédients.

Les champignons de Blanc de gris

De leur propre aveu, Lysiane Roy Maheu et Dominique Lynch-Gauthier ont quelque peu tâtonné avant de trouver la recette qui leur permettrait de cultiver des champignons en plein cœur d’Hochelaga-Maisonneuve, et ce, dans le respect de l’environnement. « Nous avons fait beaucoup de recherche et de développement », raconte Lysiane Roy Maheu en entrevue, expliquant qu’elles récupèrent le marc de café des établissements des environs pour nourrir les précieux champignons et privilégient les seaux « réutilisables à l’infini » plutôt que les sacs de plastique pour les faire croître. Pari tenu : depuis quelques années, la champignonnière produit des pleurotes haut de gamme afin d’approvisionner plusieurs grands chefs d’ici, dont Marc-André Jetté.

Les « diamants » de Cinderella Garbage

Ce n’est pas exactement un conte de fées. Afin de produire les pierres noires qui ornent ses créations, Kimberlee Clark détourne des ordures du dépotoir. Oui, vous avez bien lu : les déchets sont compressés puis vitrifiés dans un four à plasma jusqu’à l’obtention d’une matière noire et opaque qui sera par la suite façonnée à la manière d’une pierre précieuse et montée sur de l’or ou de l’argent recyclé. Chaque pièce est unique et raconte en quelque sorte son histoire. « Ce sont des diamants contemporains issus du résultat de la surconsommation de notre ère », fait-elle d’ailleurs valoir sur le site Internet de la marque cofondée à l’origine avec Gabrielle Thérien.

Les inspirations rétro de Foutu tissu

La créatrice derrière Foutu tissu, Emmanuelle Dion, est une « fervente récupératrice de matières », écrit-elle dans le site Web de la marque. Elle ajoute : « La majorité des meubles jetés à la rue sont tout à fait récupérables. » La preuve ? Au-delà de ses talents de designer textile —dans son atelier montréalais, elle crée des motifs et travaille l’impression par sublimation —, celle qui détient une formation en arts plastiques aime redonner vie aux vieux divans qui dorment dans les sous-sols et offre par conséquent un service de rembourrage et de recouvrement unique en son genre.