Macron s’efforce d’afficher son virage écolo au pied du mont Blanc

Le président français, Emmanuel Macron, a visité l'immense glacier des Alpes jeudi.
Photo: Ludovic Marin Agence France-Presse Le président français, Emmanuel Macron, a visité l'immense glacier des Alpes jeudi.

Emmanuel Macron s’est rendu jeudi dans le massif du Mont-Blanc « toucher du doigt » les effets dévastateurs du changement climatique. Une visite symbolique censée amorcer le virage écologique de son quinquennat mais dépourvue d’annonce nouvelle.

Au petit matin, le président français a longuement visité la Mer de Glace, immense glacier des Alpes qui a perdu 120 mètres d’épaisseur en un siècle. La glace y recule de 8 à 10 mètres par an — environ 2 kilomètres depuis 1850 — spectaculaire illustration de l’impact du réchauffement en France.

« Je n’imaginais pas une fonte aussi rapide, c’est impressionnant. On se rend compte comment les non-décisions ont fait en arriver là », a réagi M. Macron, devant l’alternance de roches grises et de glace vive bleutée.

Taxé d’inaction par les associations environnementales et les écologistes — qui comptent démontrer leur popularité dans les urnes lors des élections municipales de mars — Emmanuel Macron a assuré qu’il souhaitait faire de l’écologie une des priorités de la deuxième partie de son mandat, qui s’achève en 2022.

Après sa visite à la Mer de Glace, il a prononcé à Chamonix un discours ardent sur « l’urgence » climatique, « le combat du siècle » selon lui. « Il faut démontrer que cette stratégie est compatible avec les progrès économiques parce que c’est la stratégie à laquelle je crois », a-t-il ajouté.

Le président Macron n’a toutefois pas fait d’annonce nouvelle, préférant rappeler les mesures déjà adoptées, telle la loi sur le recyclage ou encore la création, annoncée la veille, de nouveaux parcs naturels, y compris pour protéger le Mont-Blanc.

Quelque 250 protestataires qui manifestaient notamment contre la pollution liée à un intense trafic routier dans cette région frontalière de la Suisse et de l’Italie, ont été dispersés avant l’arrivée du président.

« Venir pleurer devant la Mer de Glace alors que les accords des conférences climat ne sont pas respectés et que les émissions de gaz à effet de serre augmentent, c’est de la parade, c’est de la com », a épinglé dans le cortège Pierre Delpy, conseiller en énergie dans une association.

Arnaud Gauffier, directeur des programmes au WWF, a quant à lui salué ce déplacement sur « des symboles du réchauffement », mais « regretté [que] les annonces ne soient pas à la hauteur des enjeux ».

« Ce qui fait disparaître les glaciers c’est le réchauffement climatique, si ça ne s’assortit pas d’une politique ambitieuse de réduction des émissions ça ne sert à rien, et dans ce domaine on n’est pas du tout dans les clous », a-t-il déploré.