Vers une nouvelle grève pour le climat au Québec

Des participants à la grève pour le climat du 27 septembre dernier à Montréal
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne Des participants à la grève pour le climat du 27 septembre dernier à Montréal

Même si le gouvernement Trudeau et le gouvernement Legault ne cessent de répéter que l’environnement est une priorité, les regroupements étudiants mobilisés pour le climat affirment qu’« ils ne sont pas à la hauteur de l’urgence climatique ». Ils ont d’ailleurs lancé mardi un appel pour une grève d’une semaine à la fin du mois de mars.

« Nous sommes dans une course que nous sommes en train de perdre, mais les gouvernements ne sont pas à la hauteur », laisse tomber Ashley Torres, étudiante à l’Université Concordia et membre de la nouvelle Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES), lancée mardi.

« Le premier ministre Justin Trudeau se proclame « leader climatique » tout en appuyant l’expansion du pipeline Trans Mountain et le projet [d’exportation de gaz naturel liquéfié] Coastal GasLink. Pour reprendre les mots prononcés par une jeune femme à New York en septembre : comment osez-vous », ajoute-t-elle, en référence à un discours de la militante Greta Thunberg.

« Le gouvernement Legault refuse d’agir en se basant sur la science et on le voit, par la suite, appuyer le projet [Énergie Saguenay] de GNL Québec avant même le début de l’évaluation environnementale », ajoute, à ses côtés, Roxanne Choquet, étudiante au cégep de Jonquière.

Tout en dénonçant des projets comme Énergie Saguenay, le 3e lien et l’expansion du pipeline Trans Mountain, qu’ils jugent « incompatibles avec la transition » énergétique, les jeunes présents mardi ont tour à tour jugé que les gouvernements n’avaient pas écouté le message lancé au fil des mobilisations citoyennes en faveur de l’action climatique organisées au cours de la dernière année, et notamment la manifestation ayant réuni près de 500 000 personnes en septembre à Montréal.

Appel à la grève

Ils estiment donc nécessaire, avec la CEVES, de relancer la mobilisation en réclamant un « plan national d’urgence pour la justice climatique » et en appelant à la tenue d’une semaine de grèves étudiantes en faveur du climat, du 30 mars au 3 avril.

« Nous n’avons vu aucun engagement sérieux de la part du gouvernement du Québec au cours des derniers mois. Ils n’ont pas compris l’urgence climatique, alors qu’on ne peut plus se contenter de petits pas. S’ils ne nous entendent pas encore une fois, nous augmenterons les moyens de pression », déclare une des membres de l’organisation, Andréanne Désormeaux, étudiante à l’Université de Sherbrooke.

« La grève ne ruinera pas notre éducation, mais l’inaction ruinera notre futur », souligne également Mme Désormeaux.

Sans s’avancer sur la participation attendue à cette grève et à cette « semaine de la transition », les représentants de la CEVES ont plaidé mardi pour une mobilisation qui dépasserait le seul mouvement étudiant.

« En tant que citoyens d’un pays riche, nous avons le privilège de pouvoir nous mobiliser. Nous avons donc le devoir de le faire », affirme Mika Pluviose, étudiant du secondaire et membre de la CEVES.

Plans à venir

Le gouvernement de François Legault doit dévoiler cette année un nouveau plan de lutte contre les changements climatiques qui ferait une large place à l’électrification des transports.

L’objectif serait de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec de 37,5 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990. Selon le plus récent bilan du Québec, soit celui de 2017, les émissions avaient reculé de 8,7 %.

Le gouvernement Trudeau promet pour sa part que le Canada atteindra la « carboneutralité » d’ici 2050, mais il n’a pas encore dévoilé de plan pour atteindre cet objectif. Il devra aussi décider au cours des prochaines semaines s’il approuve, ou non, le projet d’exploitation de pétrole des sables bitumineux Frontier, de Teck Resources.

Ce projet, qui serait le plus imposant du genre au Canada, permettrait l’extraction de 95 millions de barils par année, et ce, pendant 40 ans.