COP25 s’étire dans la nuit

La conférence qui a commencé le 2 décembre devait se terminer vendredi soir.
Photo: Cristina Quicler Agence France-Presse La conférence qui a commencé le 2 décembre devait se terminer vendredi soir.

La conférence sur le climat de l’ONU se poursuivait au bout de la nuit, engluée dans des négociations qui, dans tous les cas, ne seront pas à la hauteur des actions urgentes nécessaires pour éviter la catastrophe climatique.

La conférence qui a commencé le 2 décembre devait se terminer vendredi soir. Mais les négociations ont débordé et se poursuivaient dans la nuit de vendredi à samedi. De nouveaux textes étaient attendus samedi matin.

Les positions semblaient figées sur les principaux sujets de discussion : ambition en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, financement pour les pays du Sud ou encore règles de fonctionnement des marchés du carbone internationaux.

« Nous sommes très inquiets, l’ambition est menacée. La plupart des textes sur la table ne sont pas compatibles avec l’esprit de l’Accord de Paris » qui vise à limiter le réchauffement à +2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, a déclaré Carlos Manuel Rodriguez, ministre de l’Environnement du Costa Rica.

Pour espérer respecter l’objectif idéal de l’Accord de Paris (+1,5 °C seulement), il faudrait réduire les émissions de CO2 de 7,6 % par an, dès l’an prochain et jusqu’à 2030. Au contraire, les émissions continuent à croître.

Au rythme actuel, le mercure pourrait gagner jusqu’à 4 ou 5 °C d’ici la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle. Et même si les quelque 200 signataires de l’Accord de Paris respectent leurs engagements, le réchauffement pourrait dépasser les 3 °C.

Pour l’instant, quelque 80 pays se sont engagés à relever leurs engagements climatiques en 2020, mais ils ne représentent qu’environ 10 % des émissions mondiales.

2020, « l’année de l’action »

Vendredi, à Turin, en Italie, la jeune militante écologique Greta Thunberg a fustigé les leaders mondiaux qui agissent « comme s’il n’y avait pas de lendemain », et a appelé les jeunes à considérer 2020 comme « l’année de l’action » qui marquera le début d’une décennie de combat.

« Dans moins de trois semaines, nous entrerons dans une nouvelle décennie, une décennie qui va définir notre avenir », a-t-elle lancé devant une foule d’étudiants venus soutenir la marche pour le climat (Friday for Future) organisée à Turin.

À propos des responsables réunis pour la conférence sur le changement climatique COP25 à Madrid, elle a estimé qu’ils « essayent encore de fuir leurs responsabilités ».