Croissance des GES des énergies fossiles en 2019

Les émissions de GES du pétrole, du gaz naturel et du charbon devraient augmenter de 0,6% en 2019, pour atteindre un total de 37 milliards de tonnes.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir Les émissions de GES du pétrole, du gaz naturel et du charbon devraient augmenter de 0,6% en 2019, pour atteindre un total de 37 milliards de tonnes.

Au moment où les pays réunis à la COP25 doivent s’engager sur la voie de politiques climatiques nettement plus ambitieuses, de nouvelles données comptabilisées par un consortium international de recherche prévoient une nouvelle hausse des émissions de gaz à effet de serre imputable aux énergies fossiles cette année. Et la croissance la plus forte est directement liée au gaz naturel.

Selon le Global Carbon Project, un programme international de recherche qui quantifie chaque année les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale, la croissance des émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par la combustion des énergies fossiles se poursuit cette année, même si celle-ci se fait « plus lentement » par rapport aux deux années précédentes.

Ainsi, les émissions de GES du pétrole, du gaz naturel et du charbon devraient augmenter de 0,6 % en 2019, pour atteindre un total de 37 milliards de tonnes. Cela équivaut à 52 fois les émissions totales du Canada en 2017, soit les plus récentes données disponibles.

Gaz en hausse

La plus forte croissance des émissions du secteur des fossiles se trouve du côté du gaz naturel, avec une augmentation de 2,6 % uniquement cette année, soit « plus de la moitié de la croissance » du secteur des énergies fossiles, constate le Global Carbon Project.

Les chercheurs soulignent que le gaz naturel émet nettement moins de GES que le recours au charbon, mais ils insistent : cette ressource, que le Canada veut exporter avec des projets de liquéfaction comme celui de GNL Québec, « n’est pas un carburant à faibles émissions ». Selon eux, le gaz naturel doit être vu, au mieux, comme « une solution à court terme. Toutes les émissions de CO2 devront rapidement être ramenées à zéro », notent-ils dans leur rapport.

La croissance des émissions du secteur fossile cette année est plus faible qu’en 2018 (2,1 %) et qu’en 2017 (1,5 %). Selon l’analyse des chercheurs, cette augmentation moins marquée en 2019 est due à un déclin de l’utilisation du charbon en Europe et aux États-Unis, mais aussi une croissance de la combustion de charbon moins importante en Chine et en Inde. Le ralentissement de la croissance économique mondiale est aussi à prendre en compte.

Globalement, cependant, les émissions mondiales de GES ne cessent de croître, alors que le respect de l’Accord de Paris imposerait une réduction marquée d’ici 2030, puis la carboneutralité à l’horizon 2050. Or, les émissions mondiales ont augmenté de 4 % depuis la signature de l’Accord de Paris, en décembre 2015.

Fossiles et climat

Par ailleurs, une analyse produite en partenariat avec les Nations unies et publiée en novembre indique que les prévisions d’exploitation d’énergies fossiles au cours de la prochaine décennie sont complètement incompatibles avec l’objectif d’éviter des bouleversements irréversibles du climat mondial.

Concrètement, la production prévue à l’horizon 2030 de pétrole, de charbon et de gaz naturel est au moins 50 % trop élevée pour limiter le réchauffement global à 2 °C et 120 % trop élevée pour respecter l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris, soit limiter la hausse mondiale des températures à 1,5 °C.

Tant pour le pétrole (surtout le secteur des sables bitumineux) que pour le gaz naturel (exploité principalement par fracturation), l’exploitation est appelée à croître au Canada. L’analyse, produite en partenariat avec le Programme des Nations unies pour l’environnement, souligne d’ailleurs que le Canada fait partie des pays qui misent sur les marchés d’exportation pour « justifier des augmentations majeures dans la production ».