Des puces au service de la réduction des déchets

Aurélie Lagueux-Beloin Collaboration spéciale
La puce installée sur les bacs intelligents enregistre chaque levée, incitant les citoyens à faire un meilleur tri de leurs déchets domestiques.
Ville de Beaconsfield La puce installée sur les bacs intelligents enregistre chaque levée, incitant les citoyens à faire un meilleur tri de leurs déchets domestiques.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Les adeptes du zéro déchet en savent quelque chose : ce n’est pas simple de faire subir une cure minceur à sa poubelle ! La Ville de Beaconsfield, dans l’ouest de l’île de Montréal, a réussi à diminuer de moitié la quantité d’ordures envoyées à l’enfouissement, avec une collecte nouveau genre.

Un jeudi matin, à Beaconsfield. Le camion à ordures passe faire sa collecte. Pour un œil non averti, la scène est d’une banalité ordinaire. Pourtant, les poubelles sur le bord de la rue sont munies d’un transpondeur — une puce — qui enregistre chaque fois qu’ils sont vidés.

Grâce à ces bacs intelligents, Beaconsfield est passée en quelques mois du deuxième rang parmi les municipalité les plus grosses productrices de déchets sur l’île de Montréal (parmi les 33 villes et arrondissements évalués) à celui de premier de la classe.

Implantée officiellement en janvier 2016, la collecte intelligente des déchets fonctionne sur le principe de l’utilisateur-payeur : plus on sort sa poubelle, plus on paie à la fin de l’année. En parallèle, la Ville a distribué, gratuitement, des composteurs. « Ce système vise à optimiser les collectes de matières résiduelles et à inciter les citoyens à faire un meilleur tri de leurs déchets domestiques », précise le directeur du développement durable de Beaconsfield, Andrew Duffield.

Une diminution de 49 %

Et ça fonctionne ! La quantité moyenne de déchets produits chaque année par les habitants de Beaconsfield a diminué de 49 %, passant de 370 kg en 2013 à 183 kg en 2018 ! Et moins de déchets envoyés à l’enfouissement, cela veut dire moins de gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère. En plus de coûter moins cher aux citoyens, les poubelles intelligentes nécessitent aussi moitié moins de camions pour faire la collecte (ce qui diminue aussi l’empreinte carbone). Résultat : des économies de 42 % par rapport à une collecte traditionnelle. Ces surplus servent à bonifier les autres collectes de la ville : celles des résidus verts, des résidus de construction et des résidus encombrants.

Les résidents de Beaconsfield ont aussi pris l’habitude de sortir leur poubelle moins souvent, ce qui a eu des répercussions surprenantes, note Andrew Duffield. « Ils se sont mis à partager leurs bacs avec leurs voisins durant la saison estivale ! Comme la tarification est en fonction du nombre de collectes et non du poids, tout le monde y gagne. »

« L’une de nos préoccupations à la suite de ce nouveau système de collecte était que le recyclage en souffre, avec un bac bleu plein de produits non recyclables », confie Andrew Duffield. La Ville de Beaconsfield travaille donc actuellement à un projet-pilote pour réduire les erreurs de tri dans le bac bleu.