Une bibliothèque carboneutre victime de son succès

Aurélie Lagueux-Beloin Collaboration spéciale
En 2017, la bibliothèque de Varennes avait atteint l’objectif net zéro deux ans après son ouverture.
Photo: Stantec En 2017, la bibliothèque de Varennes avait atteint l’objectif net zéro deux ans après son ouverture.

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Au coeur de Varennes, en Montérégie, se dresse une bibliothèque unique. Elle se distingue par son design, mais surtout par sa sobriété énergétique et donc sa faible empreinte carbone.

Pour viser le net zéro, autrement dit produire autant d’énergie qu’on en consomme, il ne suffit pas d’installer une ribambelle de panneaux solaires sur le toit ! « Notre bibliothèque, ce n’est pas juste un édifice orienté pour profiter de l’énergie solaire. C’est un bâtiment intelligent, connecté à des serveurs qui optimisent simultanément tous nos systèmes : la géothermie, les panneaux photovoltaïques, le plancher radiant et le mur végétalisé », explique le maire de Varennes, Martin Damphousse.

Grâce à ces systèmes passifs et aux énergies renouvelables, la bibliothèque Jacques-Lemoyne-de-Sainte-Marie consomme 78 % moins d’énergie qu’un bâtiment traditionnel de même taille. Cela représente une économie de 302 tonnes de gaz à effet de serre chaque année, soit l’équivalent des émissions d’un Québécois pendant 31 ans.

Achalandage en hausse

En 2017, la bibliothèque de Varennes avait atteint l’objectif net zéro deux ans après son ouverture. Aujourd’hui, le bilan a un peu changé : elle n’est plus tout à fait à l’équilibre. « Nous sommes confrontés à un beau problème, reconnaît le maire de Varennes. L’achalandage a doublé par rapport à l’ancienne bibliothèque et nos besoins énergétiques sont plus élevés que ce que nous avions planifié. »

Bâtiment chouchou des Varennois, la bibliothèque a notamment étendu ses heures d’ouverture en soirée pour répondre à la demande. L’édifice manque alors de lumière naturelle pour s’éclairer et se chauffer de manière passive et consomme plus d’énergie. Ce nouveau défi ne décourage pas Martin Damphousse pour autant. « Cela nous pousse à continuer à améliorer la bibliothèque. »

Avec 150 visiteurs par jour, le stationnement initial est également devenu trop petit. Pas question cependant d’ajouter de l’asphalte et de contribuer au phénomène des îlots de chaleur : des pavés alvéolés ont été installés pour faire cohabiter stationnement et verdure. La Ville de Varennes a aussi profité de l’espace entourant la bibliothèque pour y planter des arbres et créer un jardin collectif.