Transport en commun en région, mode d’emploi

Guillaume Roy Collaboration spéciale
La densité de population dans les régions est souvent trop faible pour offrir un service classique par autobus.
Getty Images La densité de population dans les régions est souvent trop faible pour offrir un service classique par autobus.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

À l’ouest du lac Saint-Jean, l’organisme Accès Transport fusionne taxi, autobus et transport adapté afin d’optimiser la mobilité des citoyens. Objectif : inciter les automobilistes à lâcher le volant pour réduire leur empreinte carbone.

Pas facile d’offrir du transport en commun dans les milieux ruraux ou les villes éloignées des grands centres. Comme la densité de population est souvent trop faible pour un service classique par autobus, peu d’automobilistes sont tentés de délaisser leur voiture.

Mais avec un peu d’imagination, on peut trouver des solutions flexibles et adaptables aux besoins de la population locale, comme celles offertes par Accès Transport, l’organisme de gestion du transport en commun et du transport adapté dans la MRC du Domaine-du-Roy, qui couvre un vaste territoire regroupant neuf municipalités.

Au lieu d’acheter des bus, Accès Transport a conclu en juin 2018 une entente avec deux entreprises de taxi locales pour offrir un service de taxibus urbain. Les taxis transportent plusieurs personnes à la fois, à l’intérieur des limites des villes de Roberval et de Saint-Félicien. Les passagers se rendent à l’une des 115 bornes (les arrêts des taxibus) à l’heure prévue. Coût : 4 $ pour un déplacement (ou 30 $ pour 10), et service gratuit pour les enfants de 12 ans et moins.

Photo: Guillaume Roy L’organisme Accès Transport veut inciter les automobilistes à lâcher le volant.

« Le client paie une partie des coûts au chauffeur de taxi et Accès Transport paie le reste, explique le directeur général, Jonathan Thibeault. Tout le monde est gagnant. » L’entente permet aussi de bonifier le service, car les clients peuvent réserver une place une heure à l’avance en contactant directement les entreprises de taxi.

Les six premiers mois, Accès Transport avait enregistré plus de 900 déplacements sur son réseau, au grand plaisir de son directeur général, qui ne pensait pas avoir autant de clients avant au moins un an. « Le service en taxibus a explosé au cours des derniers mois pour atteindre 1900 transports par mois ! » souligne-t-il.

Réduire les coûts, augmenter l’offre

Autre innovation afin d’inciter les automobilistes à changer leurs habitudes : Accès Transport fusionne transport collectif et transport adapté pour les clients à mobilité réduite — qui ont des limitations fonctionnelles physiques ou intellectuelles. Les véhicules transportent désormais davantage de personnes lorsque les services de transport adapté sont nécessaires. « Une solution simple, qui n’entraînait qu’une réorganisationadministrative », signale Jonathan Thibeault.

Plus de transport en commun, moins de GES

En attendant de peaufiner ce service sur tout le territoire, Accès Transport a aussi inauguré un réseau interurbain entre les villes de Roberval et de Saint-Félicien, distantes d’environ 25 km, avec un taxibus en minifourgonnette. Un nouveau circuit entre Mashteuiatsh et Roberval verra le jour ce mois-ci, avec 7 départs par jour, 7 jours sur 7.
« On croit que le service va être populaire, parce que la population demande du transport collectif entre les municipalités depuis plusieurs mois », explique Lucien Boivin, le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy. Au cours de la prochaine année, un service régulier devrait également être offert entre Chambord et Saint-Félicien, tout en desservant les municipalités plus éloignées. Un projet de liaison entre les villes de Chambord et de Dolbeau-Mistassini, séparées de 80 km environ, est aussi dans les cartons.

Ce service de transport en commun est financé à 66 % par le Programme d’aide au transport collectif des personnes et aux immobilisations en transport en commun du ministère des Transports, à raison de 200 000 $ par année. La portion restante sera soutenue par les revenus générés auprès des usagers. « On veut améliorer la mobilité de tous les citoyens en harmonisant et en optimisant les transports », conclut Jonathan Thibeault. Un beau programme pour le climat !