S’adapter aux changements climatiques un maire à la fois

Aurélie Lagueux-Beloin Collaboration spéciale
Le dernier congrès de la Fédération québécoises des municipalités a eu lieu en septembre dernier. 
Photo: FMQ Le dernier congrès de la Fédération québécoises des municipalités a eu lieu en septembre dernier. 

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Les maires et mairesses commencent à prendre conscience du rôle que leurs municipalités peuvent jouer dans la lutte contre les changements climatiques. Grâce à une formatrice en adaptation, plusieurs entrent en action.

En septembre dernier, lors du congrès de la Fédération québécoise des municipalités (FMQ), les changements climatiques étaient sur toutes les lèvres. Les élus municipaux se sentaient démunis. « Ça nous concerne tous », avait noté le maire des Îles-de-la-Madeleine et vice-président de la FMQ, Jonathan Lapierre. « Nous devons apprendre à anticiper leurs effets et, qu’il soit question d’un budget ou plan d’aménagement, nos décisions quotidiennes doivent inclure des mesures d’adaptation qui tiennent la route. »

Réapprendre les changements climatiques

C’est dans cet objectif que la FMQ propose, depuis cet automne, un atelier d’une journée pour sensibiliser et outiller le monde municipal. Une formation similaire est aussi offerte par l’Union des municipalités du Québec.

Donnée par une ingénieure en adaptation aux changements climatiques, ce « coaching » permet aux élus de saisir pourquoi, comment et dans quelle mesure ces changements nous affectent. Dans un deuxième temps, ils sont invités à déterminer quelles sont les mesures d’adaptation réalisables dans leurs municipalités, avant d’être accompagnés, concrètement, dans leurs demandes de financement auprès du Programme de soutien à l’intégration de l’adaptation aux changements climatiques à la planification municipale, porté par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation et celui de la Sécurité publique.

Passer à l’action dans les Laurentides

Pour la mairesse de Sainte-Lucie-des-Laurentides, Anne-Guylaine Legault, c’est toute une prise de conscience : « Avant de suivre la formation, j’ignorais les effets potentiellement dommageables des changements climatiques sur ma ville », affirme-t-elle. Jusque-là, elle pensait que c’était un phénomène plutôt lointain, qui ne se rendait pas vraiment jusque chez elle.

Depuis, l’élue a compris que les épisodes de gel et de dégel de nos hivers qui se réchauffent rendent ses infrastructures vulnérables. Certains tronçons de la tuyauterie municipale qui ne sont pas enfouis assez profondément pourraient être à risque. Elle a donc décidé de se retrousser les manches. « On va s’attaquer au problème dès maintenant. Pas question de le refiler aux citoyens ou de le pelleter dans la cour du prochain maire ! »