Ottawa ne veut pas accueillir la COP25

«Le Canada ne planifie pas organiser la COP25 le mois prochain», a répondu jeudi au <em>Devoir</em> le cabinet de la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna.
Photo: Justin Tang Archives La Presse canadienne «Le Canada ne planifie pas organiser la COP25 le mois prochain», a répondu jeudi au Devoir le cabinet de la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna.

Nouvellement réélu, le gouvernement Trudeau a fermé la porte jeudi à l’idée d’accueillir en décembre la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, après l’annulation de cette COP25 prévue au Chili. L’Espagne s’est toutefois montrée prête à prendre le relais.

« Le Canada ne planifie pas l’organisation de la COP25 le mois prochain. Notre priorité demeure de livrer le mandat pour lequel les Canadiens ont élu ce Parlement », a indiqué jeudi le cabinet de la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, dans une réponse écrite transmise aux médias.

« Ces conférences sont essentielles à notre lutte mondiale contre les changements climatiques et nous sommes convaincus que l’entité responsable trouvera une solution », a ajouté le bureau de la ministre.

Après le désistement du Chili, mercredi, les trois partis d’opposition à Québec avaient justement pressé le gouvernement de François Legault d’offrir cette solution, en proposant d’accueillir la COP25 au Québec.

Même si la décision de tenir un tel événement revient uniquement au gouvernement fédéral, le premier ministre caquiste a clairement fait savoir jeudi qu’il préférait passer son tour cette année, en raison de très courts délais.

« Accueillir des milliers de personnes en si peu de temps de préavis représente un défi irréaliste qui ne servirait pas la cause environnementale. Une COP est un événement majeur, qui nécessite une préparation soutenue de plusieurs mois afin d’en assurer son succès », a expliqué le cabinet du ministre de l’Environnement, Benoit Charette.

Le ministre « met toutes ses énergies dans l’élaboration du prochain plan d’électrification et de changements climatiques, qui sera le plus ambitieux dont s’est jamais doté un gouvernement au Québec », a ajouté son bureau, dans une réponse écrite.

François Legault n’a toutefois pas fermé la porte à l’idée d’accueillir une future conférence climatique onusienne au cours des prochaines années. Montréal avait accueilli la COP11, en 2005.

Hôte recherché

D’ici là, l’ONU est surtout à la recherche d’un lieu pour accueillir, d’ici à peine un mois, les quelque 25 000 délégués attendus pour poursuivre les négociations de mise en oeuvre de l’Accord de Paris sur le climat, qui entre officiellement en vigueur en 2020.

Cette 25e Conférence des Parties devait initialement se tenir au Brésil, mais le pays a décidé d’annuler l’événement après l’élection du gouvernement climatonégationniste de Jair Bolsonaro. Le Chili a alors décidé d’accueillir l’événement annuel, avant de se désister mercredi, en raison d’une profonde crise sociale qui a fait plus de 20 morts au cours des dix derniers jours.

Jeudi, l’Espagne a proposé au Chili de prendre le relais et de tenir, aux mêmes dates, à Madrid, la COP25. Si la proposition espagnole n’était finalement pas retenue, la ville allemande de Bonn, où se trouve le siège de l’ONU sur les changements climatiques, pourrait accueillir la rencontre. La COP26 doit pour sa part se tenir à Glasgow, en 2020.

L’Espagne se porte volontaire

Le gouvernement espagnol a proposé d’accueillir en décembre à Madrid la conférence internationale sur le climat, la COP25.

Le président du Chili, Sebastian Piñera, a annoncé que le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez lui avait « généreusement proposé d’organiser la COP25 à Madrid aux mêmes dates auxquelles cette conférence était programmée au Chili, soit du 2 au 13 décembre ».

Les services de la présidence du gouvernement espagnol ont confirmé cette information à l’AFP.

Le communiqué souligne que Pedro Sanchez, qui se prépare pour de nouvelles élections législatives le 10 novembre, a fait cette proposition « vu le court délai disponible et l’importance de garantir que la COP25 se tienne normalement », après 10 mois de préparation.

« Nous espérons que le Bureau de la COP pourra examiner cette solution proposée dès que possible », a de son côté demandé dans un communiqué la secrétaire administrative de l’ONU Changements climatiques, la Mexicaine Patricia Espinosa.

Si la proposition espagnole n’était finalement pas retenue, la ville allemande de Bonn, qui a déjà accueilli la COP en 2017, pourrait servir d’alternative.
Agence France-Presse