Une bande de protection autour de l’île d’Anticosti

Les chances de voir l’île d’Anticosti accéder à la liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO aurait été compromise sans l’ajout d’une bande de protection sur son pourtour.
Photo: Pierre Lahoud Les chances de voir l’île d’Anticosti accéder à la liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO aurait été compromise sans l’ajout d’une bande de protection sur son pourtour.

Le gouvernement Legault a finalement accepté le principe de la mise en place de mesures de protection sur le pourtour de l’île d’Anticosti afin de préserver les sites fossilifères qui pourraient être reconnus au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une bande d’un kilomètre, soit le minimum requis, devrait être établie, a appris Le Devoir.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a donc accepté l’implantation de cette bande de protection, après avoir exprimé des avis défavorables, afin de protéger les coupes forestières sur Anticosti. Une bande d’un kilomètre, de la rive vers l’intérieur de l’île, devrait ainsi être mise en place.

Le maire d’Anticosti, John Pineault, s’est dit « déçu » de ce compromis, tout en admettant qu’il était préférable d’accepter ce « minimum » afin de faire progresser le dossier, qui doit être soumis en 2021. Le cabinet du ministre du MFFP, Pierre Dufour, n’a pas voulu confirmer jeudi, de façon « officielle », l’entente intervenue. On a toutefois indiqué que les discussions portaient sur un tel projet de protection.

La pression s’était accrue sur le gouvernement Legault au cours des derniers jours. Le Devoir avait d’abord révélé que le MFFP avait exprimé un avis défavorable à la création d’une bande de protection de deux kilomètres, puis d’un seul kilomètre, sur le pourtour de l’île. Or, ce geste risquait de faire échouer tout le dossier de candidature à l’UNESCO.

Mercredi, la députée libérale Marie Montpetit a aussi déposé une motion qui exigeait que le gouvernement caquiste s’engage « formellement à protéger l’île d’Anticosti, à conserver son caractère naturel exceptionnel et à soutenir sa candidature au patrimoine mondial de l’UNESCO en prenant les mesures nécessaires ». Après deux heures de débat, la motion a été adoptée à l’unanimité par les députés de l’Assemblée nationale jeudi.

Économie

Le ministre Pierre Dufour a toutefois souligné qu’une protection trop étendue de la plus grande île du Québec risquerait de « tuer le potentiel économique de la forêt que l’île d’Anticosti produit ».

Concrètement, il existe une seule entreprise qui coupe du bois sur une base commerciale sur l’île. Il s’agit de Solifor, une société en commandite du Fonds de solidarité FTQ. Les sous-traitants qui effectuent les travaux emploient environ 70 personnes, a précisé un porte-parole du Fonds de solidarité FTQ, Patrick McQuilken.

Les coupes de bois y avoisinent chaque année les 100 000 mètres cubes, soit 0,3 % des 34,2 millions de mètres cubes de « possibilités forestières » annuelles du Québec.

M. McQuilken a précisé jeudi que Solifor ne décide pas des plans pour la coupe de bois sur l’île. « Solifor n’est que le mandataire du gouvernement du Québec pour l’exécution du plan d’aménagement forestier sur l’île d’Anticosti. Ce plan relève de la compétence du gouvernement du Québec. »

Le blocage de mesures de protection au cours des dernières semaines ne vient donc pas de Solifor, a-t-il assuré. « Nous travaillons avec le plan d’aménagement qui est proposé » par le MFFP.