Un deuxième rorqual bleu trouvé mort dans le golfe du Saint-Laurent

Pêches et Océans Canada a confirmé mardi qu’un deuxième rorqual bleu avait été trouvé mort dans le golfe du Saint-Laurent le mois dernier.
Photo: Courtoisie / Pêches et Océans Canada Pêches et Océans Canada a confirmé mardi qu’un deuxième rorqual bleu avait été trouvé mort dans le golfe du Saint-Laurent le mois dernier.

Pêches et Océans Canada a confirmé mardi qu’un deuxième rorqual bleu avait été trouvé mort dans le golfe du Saint-Laurent le mois dernier. Comme dans le premier cas, il ne sera pas possible de procéder à une nécropsie pour déterminer la cause de la mort.

La carcasse du rorqual bleu a été signalée au ministère le 7 septembre par l’équipage d’un navire de marchandises. Sa présence a été confirmée par les aéronefs de Transports Canada et du ministère des Pêches à environ 110 kilomètres au nord de la Gaspésie.

Le ministère a indiqué qu’il avait pu identifier l’espèce à partir de photos, mais les responsables ont déterminé qu’une nécropsie n’était pas réalisable en raison de l’état de décomposition avancé de la baleine.

Le porte-parole Barre Campbell a déclaré dans un courriel que la grande taille de l’animal et sa distance par rapport au rivage avaient également été prises en compte dans la décision.

Pêches et Océans Canada avait précédemment signalé la découverte d’un jeune rorqual bleu mort le 18 septembre, juste au nord-ouest de Port Hood, en Nouvelle-Écosse. Il n’a pas été possible de procéder à une nécropsie dans ce cas non plus.

Un porte-parole avait expliqué que la carcasse du rorqual était très décomposée et se trouvait dans un endroit inaccessible, et qu’il n’y avait pas de navire adéquat pour remorquer la baleine ailleurs.

Le rorqual bleu est une espèce menacée d’extinction. Il ne resterait que 250 individus dans le nord-ouest de l’océan Atlantique, selon la dernière estimation fédérale.

L’importance des nécropsies

Le biologiste marin Richard Sears, de la Station de recherche des îles Mingan, a déploré dans un courriel l’impossibilité de mener des nécropsies, compte tenu de l’importance de déterminer pourquoi autant de baleines menacées d’extinction meurent dans le golfe du Saint-Laurent depuis quelques années.

Le biologiste, qui étudie les rorquals bleus depuis 41 ans, rappelle que les baleines sont vulnérables aux collisions avec des navires et à l’enchevêtrement dans des engins de pêche. En outre, il est prouvé que le bruit acoustique sous-marin et les polluants toxiques nuisent à la population de rorquals bleus.

Il souligne que dans la plupart des cas, seule une nécropsie complète permet de déterminer avec certitude la cause de la mort de l’animal.

Les rorquals bleus sont les plus grandes créatures sur Terre et ont une durée de vie potentielle de 70 à 80 ans. Un plan fédéral de rétablissement de ces baleines au large de la côte est du Canada existe depuis plus de 17 ans.

Cependant, M. Sears estime que des limitations de vitesse pour les navires devraient être imposées dans l’ensemble du golfe et pas seulement dans certains secteurs comme c’est le cas actuellement.

En plus des deux rorquals bleus, huit baleines noires de l’Atlantique Nord, une autre espèce en voie d’extinction, ont été trouvées mortes dans le golfe du Saint-Laurent depuis le début de l’année.