La tempête Dorian poursuit sa route vers Terre-Neuve-et-Labrador

La plupart des pannes en Nouvelle-Écosse ont été provoquées par de puissantes rafales, des inondations ainsi que des arbres déracinés et leurs débris.
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne La plupart des pannes en Nouvelle-Écosse ont été provoquées par de puissantes rafales, des inondations ainsi que des arbres déracinés et leurs débris.

Même si Dorian avait été rétrogradé en tempête post-tropicale au moment de toucher terre en Nouvelle-Écosse samedi soir, ce sont bien des vents de force d’ouragan qui se sont abattus sur les grilles électriques des trois provinces des Maritimes au cours du weekend.

Des vents violents étaient toujours attendus sur la Basse-Côte-Nord, au Québec, en fin de journée dimanche, et des avertissements d’ouragan et de tempête tropicale demeuraient en vigueur pour une bonne partie des côtes ouest et nord de Terre-Neuve.

Et Dorian ne prendra pas le large de sitôt. « Étant donné l’ampleur du système, les régions au nord-est de Terre-Neuve-et-Labrador pourraient encore avoir des vents associés avec Dorian lundi matin », a relevé le météorologue Bob Robichaud, du Centre canadien de prévision des ouragans.

En entrevue avec La Presse canadienne, M. Robichaud a précisé que Terre-Neuve-et-Labrador connaîtra des vents puissants et de fortes pluies, mais sans doute pas de la même intensité que la veille.

Dorian avait alors balayé la péninsule néo-écossaise et le sud du Nouveau-Brunswick avec des vents soutenus de près de 150 km/h par endroits, notamment à proximité d’Halifax.

Coupures d'électricité

Depuis, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard commencent à prendre la mesure des dommages, après que près d’un demi-million de résidences et de commerces eurent été privés d’électricité.

Le nombre de clients touchés par ces pannes majeures avait considérablement diminué à travers les Maritimes dimanche après-midi, mais la chef de la direction de Nova Scotia Power, Karen Hutt, a tenu à souligner l’ampleur de la tâche qui attend ses équipes sur le terrain. « Ce n’est pas une question d’heures, mais bien de jours », a-t-elle déclaré en conférence de presse, pendant que quatre hélicoptères étaient mobilisés par l’entreprise pour constater l’ampleur des dégâts.

Nova Scotia Power rapporte qu’environ 80 % de ses clients ont été plongés dans le noir la veille, un record.

« Nous nous trouvons toujours dans une situation très dangereuse dans certaines régions de la province, a ajouté Mme Hutt. Dans les endroits où une ligne électrique est tombée, ne prenez pas de chance. Appelez immédiatement le 911 et nous enverrons une de nos équipes s’en occuper. » Des renforts sont arrivés en provenance du Québec, de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et des États américains de la Floride et du Maine.

La capitale néo-écossaise semble avoir été la plus durement touchée par ce qui subsistait de l’ouragan meurtrier. Des images partagées sur les réseaux sociaux montrent notamment une imposante grue ayant basculé dans le centre-ville d’Halifax, une promenade riveraine gravement endommagée et un immeuble à logements au toit arraché. Aucun blessé n’a toutefois été rapporté.

Plus de 250 000 résidences et commerces étaient toujours sans électricité à travers la Nouvelle-Écosse, en début de soirée dimanche. La Croix-Rouge canadienne a ouvert trois abris d’urgence dans la région d’Halifax.

Du côté du Nouveau-Brunswick, des équipes ont travaillé tout au long de la nuit pour rétablir le courant. Les services de transport ont tout de même été perturbés à Moncton et les feux de circulation étaient hors service à plusieurs intersections dimanche.

À Saint-Jean, les autorités ont exhorté les citoyens à garder leurs distances avec les arbres endommagés à King Square, qui ont une « profonde pertinence et importance historique ».

À l’Île-du-Prince-Édouard, près des trois quarts des foyers et des commerces se trouvaient toujours sans électricité dimanche après-midi, selon le ministère de la Sécurité publique de la province.

Quelque 300 militaires de la base des Forces armées canadiennes de Gagetown, au Nouveau-Brunswick, devaient contribuer aux efforts de nettoyage et de rétablissement, a confirmé un représentant de l’armée. Environ 400 autres militaires étaient prêts à être déployés au besoin en après-midi.

Aux Îles-de-la-Madeleine, des rafales de jusqu’à 120 km/h ont également fait des ravages. À un certain moment dimanche matin, quelque 7000 foyers étaient privés de courant, soit pratiquement la totalité des abonnés d’Hydro-Québec de l’archipel. Les pannes touchaient encore quelque 2600 clients à 18 h, heure locale.