Montréal figure dans les plans de Greta Thunberg

Greta Thunberg aurait manifesté son souhait de venir à Montréal en raison de la forte mobilisation des jeunes Québécois sur l’enjeu de la crise climatique mondiale.
Photo: Ben Stansall Agence France-Presse Greta Thunberg aurait manifesté son souhait de venir à Montréal en raison de la forte mobilisation des jeunes Québécois sur l’enjeu de la crise climatique mondiale.

La jeune militante environnementale Greta Thunberg souhaite prendre part à la manifestation qui se tiendra à Montréal le 27 septembre, dans le cadre de la journée mondiale de mobilisation pour le climat, a appris Le Devoir. Les discussions pour organiser sa venue au Québec sont d’ailleurs déjà bien entamées avec l’entourage de la figure emblématique de la mobilisation des jeunes contre la crise climatique.

« Elle veut être présente ici. Cela nous a été confirmé », confirme Rosemonde Gingras, porte-parole du regroupement La planète s’invite au parlement, qui a lancé l’invitation à la jeune Suédoise qui a initié seule, l’an dernier, le mouvement international de grèves scolaires pour le climat.

Greta Thunberg a manifesté son souhait de venir à Montréal en raison de la forte mobilisation des jeunes Québécois sur l’enjeu de la crise climatique mondiale. « Elle est très au fait de l’ampleur de la mobilisation au Québec. Son équipe nous a aussi confirmé cela », souligne Mme Gingras.

C’est notamment à Montréal qu’a eu lieu l’une des plus importantes, sinon la plus importante manifestation dans le monde lors de la journée de grève étudiante pour le climat, le 15 mars dernier. Plusieurs dizaines de milliers de jeunes — plus de 150 000 selon les organisateurs — ont alors défilé pour réclamer des gestes nettement plus ambitieux afin de lutter contre les bouleversements du climat.

Déjà, alors que Greta Thunberg n’a pas encore terminé sa traversée de l’Atlantique à bord d’un voilier, « plusieurs échanges et des discussions » ont eu lieu avec des membres de son entourage, explique Mme Gingras. Ceux-ci gèrent notamment son horaire et ses déplacements. Ils doivent donc évaluer plusieurs « éléments techniques » avant de pouvoir donner une réponse définitive.

Ils devront aussi très certainement répondre à d’autres demandes, puisque Greta Thunberg a prévu de passer plus de trois mois en Amérique, notamment pour se rendre au sommet de l’ONU sur le climat, le 23 septembre. Elle compte même se rendre au Chili en décembre, afin de participer à la 25e Conférence des Parties (COP25).

Mme Gingras n’était donc pas en mesure, mardi, de confirmer la venue au Québec de la militante environnementale. Mais les discussions sont très avancées quant aux « intentions » de la jeune militante de venir à Montréal. « Le souhait a été clairement exprimé de sa part. »

Si elle vient à Montréal, elle prendra part ici à une manifestation qui se tiendra le 27 septembre, soit en pleine campagne électorale fédérale, mais surtout dans le contexte d’un mouvement de « grève mondiale pour le climat » prévu depuis déjà plusieurs mois. Cette grève est d’ailleurs soutenue par Greta Thunberg, qui a appelé à une mobilisation internationale et intergénérationnelle autour de l’enjeu climatique, en soulignant que les jeunes « ont besoin de l’aide des adultes ». « C’est un enjeu mondial qui affecte chacun d’entre nous. Nous sommes tous sur le même bateau, donc tout le monde doit se sentir concerné », a-t-elle affirmé dans une vidéo produite pour promouvoir ce mouvement de débrayage.

Figure de proue

Encore inconnue à pareille date l’an dernier, la jeune suédoise de 16 ans est devenue rapidement une figure emblématique du mouvement des jeunes en faveur du climat après que la vidéo de son intervention lors de la COP24, en décembre 2018, fut devenue virale sur les réseaux sociaux.

« Vous parlez seulement d’une éternelle croissance économique "verte", parce que vous avez trop peur d’être impopulaires. Vous ne parlez que d’aller vers l’avant, avec les mêmes mauvaises idées qui nous ont conduits dans ce bourbier », affirme-t-elle alors avec aplomb, dans un discours destiné aux délégués des 195 pays présents à la COP24. « Vous dites que vous aimez vos enfants par-dessus tout, mais vous volez leur futur sous leurs yeux », ajoute Greta Thunberg, qui sera par la suite invitée à présenter son plaidoyer au Forum économique de Davos.
 

Regardez le discours qui a fait connaître Greta Thunberg, livré lors de la conférence sur le climat de l'ONU, en décembre 2018.

 


Après avoir entamé seule une campagne de grèves hebdomadaires chaque vendredi depuis août 2018, les choses ont d’ailleurs changé radicalement après la COP24. En quelques semaines, des débrayages similaires vont se multiplier, des États-Unis au Japon, en passant par l’Allemagne, l’Australie, la Belgique ou encore le Québec.


Professeure à l’UQAM et spécialiste de l’éducation à relative à l’environnement, Lucie Sauvé n’est pas surprise de la portée du mouvement de grèves scolaires pour le climat lancé par Greta Thunberg. « Son initiative a permis de braquer les projecteurs sur l’angoisse des jeunes, parce qu’elle est arrivée à un moment où il y avait déjà une anxiété grandissante chez les jeunes. Et cette angoisse est nourrie par les décideurs, qui ne bougent pas face à la situation actuelle. Les jeunes se demandent pourquoi ils doivent aller à l’école, alors qu’ils sont en train de se faire voler leur avenir. »

Chargée de cours à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, Eugénie Dostie-Goulet souligne pour sa part que, si l’urgence d’agir évoquée par la militante écologiste rejoint les jeunes, elle lui attire aussi des critiques parfois virulentes. « Elle prend position sur un enjeu qui demeure, encore aujourd’hui, polémique, ne serait-ce que par les solutions qui peuvent être mises de l’avant. Ça peut heurter certaines personnes, notamment sur le plan économique. »

Greta Thunberg plaide notamment pour la fin de l’utilisation des énergies fossiles, alors que l’exploitation pétrolière et gazière est plutôt en expansion au Canada. Elle refuse également de prendre l’avion. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a choisi de traverser l’océan en voilier zéro carbone. Après avoir été retardé par les conditions météorologiques, le voilier doit arriver à New York mercredi ou jeudi.

28 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 28 août 2019 00 h 25

    Si elle ne vient pas...

    Il va avoir du monde à la manif du 27 septembre, mais il y en aura sûrement plus si elle vient!

  • Jean Lapointe - Abonné 28 août 2019 07 h 24

    Il y aurait mieux à faire d'après moi.

    A mon avis il y aurait mieux à faire que de faire la grève pour calmer l'angoisse des jeunes. Ce serait de se consacrer davantage à leurs études pour être en mesure de faire éventuellement des choses plus positives pour la planète. Comme bien d'autres je pense, et j'espère, je me demande qui est derrière ces entreprises de manipulation des jeunes et quels buts ces gens-là les poursuivent.

    La manifestation n'a pas encore eu lieu et voilà que les médias annoncent qu'elle sera monstre.

    On prétend vouloir calmer l'angoisse des jeunes mais je me demande si ce n'est pas le contraire que l'on encourage. Pour calmer ses angoisses il fait agir, il faut faire des actions constructives. Faire la grève ce n'est pas agir. On les incite à faire la grève de quoi? Sécher ses cours je n'appelle pas cela une grève moi.

    Je trouve désolant que certains médias encouragent de telles entreprises.

    • Pierre Labelle - Abonné 28 août 2019 09 h 26

      Vous avez un discours pessimiste, voire même perdant. Et vous monsieur Lapointe que faite vous pour la planète? À part donner des leçons aux autres bien sûr! Vous semblez voir des complots partout, les médias en premier lieu sont des cibles faciles et vous ne vous privez pas de jeter sur eux vos soupçons non fonder. Vous parlez d'actions constructives, je ne vois rien de constructifs dans vos écrits.

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 28 août 2019 09 h 41

      Y'a toujours mieux à faire et même à non faire! Ce n'est pas pour calmer les angoisses c'est pour réussir la transition étolo. Calmer l'angoisse est un effet indirect. Se consacrer aux études ne signifie pas tout le temps être assis à un bureau à ècouter un prof.! La recherche -action existe. Pourvu que la conscience accompagne le " faire". . Bonne journée.

    • Jean-François Meiffren - Abonné 28 août 2019 09 h 42

      Vu que vous allez l'air de savoir ce qu'il faut faire dans pareil cas, j'attends avec impatience la liste de vos actions pragmatiques et constructives (selon vos termes).
      Cela se résume a : alors, Mr Lapointe, que faites vous de facon pratique, au jour le jour ou même chaque mois, pour "sauver" la planète ?
      Je suis vraiment intéressé par vos solutions et votre expérience.
      Merci

    • Pierre Raymond - Abonné 28 août 2019 11 h 28

      Serait-il possible, selon vous, qu'elle se soit engagée simplement pour le bon motif... et ne serait-ce pas ADMIRABLE ?

  • Daniel Grant - Abonné 28 août 2019 08 h 02

    Système de Captage de CO2 canadien; les poumons des enfants

    Les poumons des enfants qui sont déjà par chance presqu’à la hauteur des tuyaux d’échappement quel bonheur pour les fans des frères Koch (du frère Koch, l’autre vient de mourir)

    Bienvenue à Montréal Greta mais c’est plutôt à Ottawa qu’elle devrait se faire entendre par nos politiciens achetés par les pétoleux.

    • André Bastien - Abonné 28 août 2019 17 h 45

      Ou encore mieux en Alberta, pour les convaincre de diversifier leur économie. Le pétrole est un cul de sac à moyen terme. Ils doivent déjà se préparer à vivre d'autres choses.

  • Paul Gagnon - Inscrit 28 août 2019 08 h 54

    Un moment de silence s'impose

    avant l'arrivée de la messie!

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 28 août 2019 12 h 43

      Vous n,avez pas oser vous moquer ainsi de Bertrand Piccard, psychiatre, inventeur, au volant de l'avion solaire Solar Impulse 2, autour du monde!!

  • Paul Gagnon - Inscrit 28 août 2019 09 h 26

    Greta en Amérique

    La mafia de la pollution n'a qu'à bien se tenir.

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 28 août 2019 12 h 42

      ah ah!