Rassemblement à Amos contre un projet de pipeline

Le tracé du pipeline de Gazoduq prévoit traverser la rivière Harricana, ici photographiée à la hauteur d’Amos.
Photo: Wikimedia Commons P199 Le tracé du pipeline de Gazoduq prévoit traverser la rivière Harricana, ici photographiée à la hauteur d’Amos.

Des dizaines de manifestants se sont rassemblés à la marina d’Amos, dimanche matin, pour manifester leur opposition au projet de pipeline de l’entreprise Gazoduq, qui prévoit le transport de gaz naturel de l’Ouest canadien jusqu’à un nouveau complexe de liquéfaction de gaz naturel au Saguenay.

En plus de s’indigner contre l’exploitation continue des hydrocarbures, le collectif Abitibi Gazoduq, parlons-en !, la Coalition Fjord et La planète s’invite à l’Université en ont particulièrement contre le tracé, selon lequel le pipeline traverserait la rivière Harricana. L’événement porte d’ailleurs le nom de « Grand rassemblement pour la protection de l’Harricana ».

Pendant que certains opposants ont démontré leur mécontentement tout en gardant les pieds sur la terre ferme, de nombreux autres ont procédé à une descente en kayak de la rivière Harricana afin de la défendre.

Rodrigue Turgeon, cofondateur du collectif Abitibi Gazoduq, parlons-en ! et organisateur de la manifestation, soutient que ce cours d’eau, la deuxième plus longue voie navigable du Canada, « est menacé par le pipeline de Gazoduq qui fait partie du mégaprojet GNL Québec ».

La descente en kayak d’une dizaine de kilomètres doit mener les opposants à travers le centre-ville d’Amos, puis jusqu’au pont couvert de Saint-Maurice-de-Dalquier.

Ce tronçon particulier de la rivière Harricana accueille une grande diversité de vie sauvage, d’après M. Turgeon, ce qui explique en partie la raison pour laquelle les militants ont choisi ce parcours. « Je suis porté par l’espoir, nécessairement, et par le désir de protéger cette région-là dans le peu de naturel qu’il lui reste », confie-t-il, en se réjouissant de la forte représentation de la nation algonquine anishinabeg à la manifestation.

Le militant affirme également avoir recueilli les témoignages de plusieurs propriétaires abitibiens visés par le tracé du pipeline et qui sont préoccupés par le dossier.

Rodrigue Turgeon se dit fortement encouragé par la mobilisation populaire qui grandit en Abititi-Témiscamingue, surtout que le projet de Gazoduq se trouve toujours à un stade préliminaire. Des audiences publiques doivent avoir lieu pour mesurer les impacts environnementaux, notamment, et l’appui du milieu.

« Il va y avoir un BAPE [Bureau d’audiences publiques sur l’environnement], il va aussi y avoir des représentations devant l’Office national de l’énergie. La compagnie a à peine commencé à tenir ses premières rencontres à huis clos avec des acteurs influents du milieu : les villes, chambres de commerce, etc. Mais la population est déjà alarmée par le projet », note-t-il.

Des assemblées populaires ont notamment été organisées par Gazoduq, parlons-en ! dans les villes de Senneterre, Amos, Rouyn-Noranda, Val-d’Or et La Sarre.

« Si on écoute la science, ce projet-là n’a pas de sens ! Les experts du GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] nous disent qu’il faut laisser tous les hydrocarbures dans le sol. Ce projet-là, c’est un projet de méthane issu de la fracturation hydraulique dans l’ouest du Canada. On n’est pas dupes, on n’est pas naïfs ! » dénonce M. Turgeon.

Celui-ci a bien l’intention de poursuivre la lutte contre les changements climatiques jusqu’à ce que les gouvernements entendent raison.

« Nos représentants élus, les décisions qu’elles et ils doivent prendre doivent assurément être basées sur la science, sur l’urgence climatique, et ce projet-là ne passe pas le test climatique », conclut-il.

Appui de Québec solidaire

La députée de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, ainsi que la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, ont annoncé leur présence à la manifestation.

Dans une déclaration faite par voie de communiqué dimanche, Manon Massé affirme que « l’urgence climatique nécessite des gestes forts pour tirer un trait sur les hydrocarbures ». La députée solidaire ajoute que « le gaz naturel n’est pas une énergie de transition ».