Une vaste aire marine protégée pourrait voir le jour autour des îles de la Madeleine

Le projet protégerait plus de 17 000 kilomètres carrés de milieux marins autour des îles de la Madeleine.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Le projet protégerait plus de 17 000 kilomètres carrés de milieux marins autour des îles de la Madeleine.

Après des années de stagnation, le projet de créer une vaste aire marine protégée autour des îles de la Madeleine pourrait finalement voir le jour, ce qui créerait la plus importante zone marine du genre dans le Saint-Laurent. Québec et Ottawa viennent d’annoncer le démarrage d’une « étude de faisabilité » en vue de la protection de ce territoire.

Selon ce qu’ont fait savoir le gouvernement du Québec et celui du Canada, dans un communiqué de presse commun très prudent publié jeudi, cette étude, « qui s’étendra sur quelques années », doit permettre de définir « les avantages et les contraintes à la désignation d’une éventuelle aire marine protégée ».

« Les îles de la Madeleine sont un patrimoine naturel et culturel unique au Québec où la population a un rapport exceptionnel avec le milieu marin. Le secteur de la pêche est un exemple où les bonnes pratiques sont propices à la mise en place de mesures de gestion visant la pérennité des ressources », soulignent également les deux ordres de gouvernement dans leur communiqué.

Le territoire à l’étude a une superficie de plus de 17 000 kilomètres carrés, soit l’équivalent de 14 fois la superficie du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Il couvre une grande partie des Bancs Madeleine, un vaste haut-fond ceinturant l’archipel. Les eaux côtières abritent plusieurs espèces d’invertébrés, dont le homard, tandis que les habitats plus profonds sont importants notamment pour le crabe des neiges.

Une étude de préfaisabilité, menée par Parcs Canada et le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques entre 2012 et 2014, avait déjà conclu que la création d’une aire marine protégée autour des îles de la Madeleine est « potentiellement réalisable ».

Protection bonifiée

Si cette aire marine était finalement mise en place, cela signifierait un ajout de 11 % au territoire du Saint-Laurent protégé. À l’heure actuelle, à peine 1,9 % de la portion québécoise du Saint-Laurent est formellement protégée.

Le Devoir révélait cependant la semaine dernière que Québec et Ottawa ont convenu d’ajouter pas moins de 5000 km² de zones protégées dans l’estuaire, et ce, d’ici la fin de 2020. Cette bonification majeure en matière de préservation des milieux marins de la province, qui s’étendra également au golfe, devrait permettre au Québec de respecter ses engagements internationaux, à savoir de protéger 10 % de ses milieux marins d’ici la fin de 2020.

Si l’aire marine protégée des îles de la Madeleine voyait également le jour, cela porterait le taux de protection de la portion québécoise du Saint-Laurent à plus de 20 %.

« En veillant à l’expansion du réseau québécois d’aires protégées, le gouvernement du Québec tente de sauvegarder des échantillons représentatifs de toute sa diversité biologique, y compris dans la zone marine, et il s’intéresse à la préservation des milieux fragiles ou exceptionnels ainsi qu’aux habitats d’espèces menacées ou vulnérables », a fait valoir jeudi le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, dans le communiqué publié avec le gouvernement fédéral.

M. Charette a précisé que l’archipel des îles de la Madeleine « semble particulièrement digne d’intérêt. Il s’agit de l’un des joyaux de notre grand territoire ».