Est-ce que l’expansion de Trans Mountain augmentera les GES au Canada?

Une fois l’expansion achevée du pipeline Trans Mountain, 325 millions de barils de pétrole des sables bitumineux seront transportés chaque année, contre 109 millions actuellement.
Photo: Jason Franson La Presse Canadienne Une fois l’expansion achevée du pipeline Trans Mountain, 325 millions de barils de pétrole des sables bitumineux seront transportés chaque année, contre 109 millions actuellement.

Le gouvernement de Justin Trudeau affirme que l’expansion du pipeline Trans Mountain n’entraînera pas d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre au Canada. Est-ce exact ?

En officialisant la seconde approbation du projet d’expansion du pipeline Trans Mountain, le gouvernement fédéral a soutenu mardi que cet accroissement des exportations pétrolières n’entraînera pas d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada.

Selon la capacité de transport prévue pour le réseau Trans Mountain, une fois l’expansion achevée, 325 millions de barils de pétrole des sables bitumineux seront transportés chaque année, contre 109 millions actuellement.

Dans le cadre d’un briefing technique offert mardi, les fonctionnaires fédéraux ont toutefois indiqué que les émissions de gaz à effet de serre demeureraient au même niveau, puisque le pétrole qui sera transporté par les deux pipelines vers la côte ouest sera exploité en Alberta, avec ou sans projet d’expansion.

Dans un rapport produit en 2016, l’Agence canadienne d’évaluation environnementale prévoyait pourtant que « les émissions de GES en amont au Canada découlant de la production, du traitement et du raffinement des produits associés à la capacité nominale élargie du réseau » Trans Mountain pourraient « varier » de 21 à 26 millions de tonnes de GES par année. C’est l’équivalent du bilan de GES de tout le secteur industriel québécois en 2016.

 
De 13 à 15 millions
Estimation annuelle de l’accroissement des gaz à effets de serre causée par l’expansion du pipeline Trans Mountain, selon l’Agence canadienne d’évaluation environnementale

L’Agence indiquait d’ailleurs bel et bien que l’expansion était responsable d’une hausse des GES associés à l’exploitation pétrolière.

« En ne tenant compte que de la capacité ajoutée grâce au projet, les émissions pourraient varier de 13 à 15 millions de tonnes », pouvait-on lire dans le rapport.

Concrètement, cela signifie que les GES directement imputables au projet d’expansion de Trans Mountain équivalent à alourdir le bilan du Canada en y ajoutant environ la moitié de tous les GES du transport routier du Québec, selon les données québécoises de 2016, soit les plus récentes disponibles.

Selon l’organisme Équiterre, les émissions « additionnelles » imputables au seul projet d’expansion équivalent à ajouter trois millions de voitures sur les routes du pays.