Les Québécois sont prêts à faire davantage pour réduire le plastique à usage unique

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé en début de semaine que les compagnies elles-mêmes deviendront responsables du recyclage des produits qu’elles créent.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé en début de semaine que les compagnies elles-mêmes deviendront responsables du recyclage des produits qu’elles créent.

Les Québécois seraient prêts à payer pour réduire la consommation du plastique à usage unique.

C’est ce qu’a laissé entendre mardi le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, mais son chef François Legault a été plus nuancé.

Ils réagissaient tous deux à la présentation du plan fédéral d’interdiction du plastique à usage unique prévue pour 2021. Le premier ministre Justin Trudeau a fait savoir que les compagnies elles-mêmes deviendront responsables du recyclage des produits qu’elles créent. Or cela pourrait hausser les coûts de production.

Interrogé dans une mêlée de presse en après-midi à l’Assemblée nationale, M. Charette n’a pas écarté cette éventualité. Il a reconnu que le recyclage reste encore insuffisant et que la consommation de plastique à usage unique demeure trop élevée. Il estime que les Québécois pourraient être ouverts à une tarification.

« Certains sondages indiquent que oui, naturellement ce sont des éléments qui restent à valider, pas seulement sur le plan de la tarification — on n’en est pas là actuellement — mais au chapitre des gestes que les gens souhaitent poser, pour un résultat qui reste encore déficient actuellement. »

Une partie de la solution passe par « une réduction à la source », a-t-il reconnu.

De son côté, le premier ministre, François Legault, a été plus vague : en mêlée de presse avant de se rendre à la période de questions, il a dit que les gens étaient prêts à faire des efforts pour consommer moins de plastique, mais il a évité de dire qu’ils étaient prêts à payer davantage.

M. Legault s’est d’ailleurs préoccupé de la hausse des coûts et son impact sur la compétitivité des entreprises.

Par ailleurs, M. Charette a mis en garde le fédéral contre une intrusion dans un champ de compétence du Québec. Il a fait savoir que la gestion des matières résiduelles relève du Québec.

Il s’est gardé d’y voir une « intrusion » toutefois. Il ne s’oppose pas à une « politique cadre » d’Ottawa, en autant que les « moyens restent dans les provinces ».