Washington présente le gaz de schiste comme des «molécules de la liberté américaine»

Les prévisions sur la production de gaz naturel provenant de l’Office national de l’énergie et de l’Energy Information Administration indiquent que le gaz de schiste et celui des réservoirs étanches continueront d’augmenter au cours des prochaines années.
Photo: Spencer Platt / Getty Images / Agence France-Presse Les prévisions sur la production de gaz naturel provenant de l’Office national de l’énergie et de l’Energy Information Administration indiquent que le gaz de schiste et celui des réservoirs étanches continueront d’augmenter au cours des prochaines années.

Partisane avouée du développement des énergies fossiles aux États-Unis, l’administration Trump affirme maintenant que le gaz naturel produit en sol américain, essentiellement par fracturation hydraulique, est en fait un « gaz de la liberté » qui doit être exporté dans le monde en tant qu’« énergie propre ».

Malgré les nombreuses critiques sur les impacts environnementaux de l’exploitation du gaz par fracturation hydraulique, le Département de l’Énergie des États-Unis estime en effet que cette ressource fossile est en fait une « énergie propre », qualificatif habituellement attribué à l’éolien, au solaire ou à l’hydroélectricité.

Dans un communiqué dévoilant l’approbation de l’expansion d’un terminal de gaz naturel liquéfié au Texas, nommé « Freeport LNG », le sous-secrétaire à l’Énergie, Mark Menezes, affirme ainsi que « l’augmentation de la capacité d’exportation de ce projet est critique pour la propagation du gaz de la liberté à travers le monde, en donnant aux alliés des Américains l’accès à une source abordable d’énergie propre ».

« Je suis heureux que le Département de l’Énergie fasse ce qui est nécessaire pour promouvoir un système efficace de régulation qui permette aux molécules de la liberté américaine d’être exportées dans le monde », ajoute l’assistant du Secrétaire pour l’Énergie fossile, Steven Winberg, dans le même communiqué.

Croissance gazière

La croissance de la production gazière en sol américain, qui a connu une période de forte augmentation en raison du recours à la fracturation hydraulique, est une priorité du gouvernement de Donald Trump.

La capacité d’exportation maritime de ce gaz, à travers des terminaux de liquéfaction, se situe actuellement à cinq milliards de pieds cubes par jour. Elle doit doubler d’ici 2020, dans un contexte où la production doit elle aussi continuer d’augmenter. Déjà plusieurs milliers de puits sont en exploitation en sol américain, où la fracturation est devenue une pratique courante depuis une quinzaine d’années.

Les prévisions sur la production de gaz naturel provenant de l’Office national de l’énergie et de l’Energy Information Administration, aux États-Unis, indiquent que le gaz de schiste et celui des réservoirs étanches continueront d’augmenter au cours des prochaines années. Il devrait représenter entre 70 % et 90 % de la production d’ici 2035.

Selon différentes études publiées au cours des dernières années, le gaz de schiste pourrait être nettement plus polluant que le gaz naturel conventionnel. L’exploitation par fracturation émet en effet d’importantes quantités de méthane, un gaz à effet de serre qui peut être au moins 30 fois plus puissant que le CO2, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Outre les impacts climatiques, cette exploitation peut nécessiter jusqu’à 10 millions de litres d’eau pour chaque forage. Certains redoutent aussi la contamination des sols et des eaux souterraines.