Les instigateurs du Pacte lancent une vidéo pour faire pression sur Québec

Dans le cadre du Pacte, les signataires s’engagent formellement à agir pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) en posant des gestes concrets, selon son instigateur, Dominic Champagne.
Photo: Capture d'écran / RF2 Productions Dans le cadre du Pacte, les signataires s’engagent formellement à agir pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) en posant des gestes concrets, selon son instigateur, Dominic Champagne.

Dans un geste qui vise à faire pression sur le gouvernement de François Legault et à le convaincre de « l’urgence d’agir » contre les bouleversements climatiques, les instigateurs du Pacte pour la transition ont lancé mardi une vidéo mettant en vedette une trentaine d’artistes québécois.

« Visiblement, nos gouvernements ne prennent pas la situation au sérieux », affirme notamment le peintre Marc Séguin, dans cette vidéo de 90 secondes mise en ligne mardi matin. « Nous voulons les obliger maintenant à prendre les mesures qui s’imposent », ajoutent, en se succédant, l’acteur et animateur Christian Bégin, et l’actrice Ève Landry.

Voyez la vidéo publiée par les instigateurs du Pacte pour la transition



Plusieurs artistes signataires du Pacte — qui a atteint 275 000 signataires au cours des derniers jours — se succèdent par ailleurs à l’écran pour inviter les Québécois à « signer » cet engagement à « réduire notre empreinte carbone ». Parmi ceux-ci, on compte notamment l’acteur Emmanuel Bilodeau, l’actrice Debbie Lynch-White, le chanteur Jean-François Breau, l’acteur Denis Bouchard, la chanteuse Charlotte Cardin et la comédienne Geneviève Rochette.

« Partout sur la planète, de plus en plus de citoyens s’activent pour relever le défi », ajoutent, en se succédant, Christian Bégin, l’actrice Caroline Dhavernas et la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette.

Dans le cadre du Pacte, les signataires s’engagent formellement à agir pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) en posant des gestes concrets, selon son instigateur, Dominic Champagne. Ils doivent donc tenter de réduire leur consommation de pétrole « partout où c’est possible », en réduisant l’utilisation de la voiture, notamment en favorisant le covoiturage, le transport collectif et le transport actif.

Ils s’engagent en outre, entre autres, à « amorcer une démarche sérieuse » de désinvestissement de leurs épargnes « du secteur des énergies fossiles », à réduire leur « production de déchets », leur « consommation de plastique » et leur consommation de viande.

Congrès de la CAQ

« Plus on va être nombreux à signer, plus notre voix va porter et plus la pression va être forte sur nos gouvernements », conclut l’instigateur du Pacte, Dominic Champagne, à la fin de la vidéo. Ce dernier réaffirme aussi l’objectif d’atteindre « un million » de signataires.

M. Champagne, qui est devenu membre de la Coalition Avenir Québec, doit d’ailleurs prendre la parole la fin de semaine prochaine au congrès du parti, afin de « convaincre » le gouvernement de François Legault de « l’urgence d’agir » pour lutter contre les changements climatiques.

« La question qu’on peut se poser, six mois après le lancement du Pacte, est la suivante : qu’est-ce que François Legault a fait de convaincant depuis qu’il a reconnu l’urgence climatique ? Oui, il y a un certain éveil, mais si on parle de réelle volonté politique à la hauteur du défi, c’est le néant », faisait-il valoir récemment, en entrevue au Devoir.

« La philosophie politique, à la CAQ, nous amène dans une économie et un discours qui nous orientent vers la dégradation du monde », ajoutait le metteur en scène, qui a décidé de se consacrer à temps plein et « bénévolement » à la cause climatique pendant deux ans.

Plan climat

Le ministre de l’Environnement Benoit Charette a promis de présenter au cours des prochains mois « un plan détaillé de lutte contre les changements climatiques », et ce, afin de démontrer « l’importance » que le gouvernement caquiste accorde à l’enjeu climatique.

Le premier budget caquiste prévoit d’ailleurs des mesures censées accélérer la transition énergétique dans le secteur industriel et celui des transports, les deux principaux émetteurs de gaz à effet de serre (GES) de la province.

Il faut dire que le Québec aura fort à faire pour respecter ses engagements climatiques. Selon des données publiées par le gouvernement fédéral, la réduction des GES n’a atteint que 9,8 % en 2017 par rapport à 1990, alors que l’objectif de réduction pour 2020 est fixé à 20 %.