L’Association pétrolière et gazière du Québec espère «un nouveau départ» en 2019

Les entreprises pétrolières et gazières présentes sur le territoire québécois détiennent actuellement un total de 261 permis couvrant 46 277 km² de territoire.
Photo: iStock Les entreprises pétrolières et gazières présentes sur le territoire québécois détiennent actuellement un total de 261 permis couvrant 46 277 km² de territoire.

L’Association pétrolière et gazière du Québec entend changer de nom ce mois-ci afin de marquer « un nouveau départ » pour le secteur pétrolier et gazier au Québec, dans la foulée de l’élection d’un gouvernement de la Coalition avenir Québec. Elle promet d’ailleurs de proposer des projets « dont l’empreinte écologique va compétitionner avec celles du solaire et de l’éolien ».

Sans dévoiler officiellement sa nouvelle appellation, le lobby pétrolier et gazier du Québec a indiqué par voie de communiqué vendredi que l’acronyme de son nouveau nom sera AEQ, en français. Le nom complet sera révélé lors du congrès, qui se tiendra à la fin du mois de mai à Montréal. Le Devoir n’a pas pu obtenir de précisions à ce sujet vendredi.

Dans une note signée par son président, Michael Binnion, l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) insiste sur le « nouveau départ » souhaité en 2019 par le regroupement d’entreprises.

« Un nouveau gouvernement est en poste, qui a promis un meilleur équilibre entre environnement et économie. Nous croyons que c’est le bon chemin à prendre. Nous avons aussi du nouveau. L’industrie a appris qu’elle a besoin d’une nouvelle approche qui fait la part égale aux gens, à la planète et aux profits », souligne ainsi M. Binnion, qui est aussi président de l’entreprise gazière albertaine Questerre.

Projets zéro émission

« Une nouvelle technologie propre a été développée dans les dix dernières années. Nous avons de nouveaux projets dont l’empreinte écologique va compétitionner avec celles du solaire et de l’éolien », ajoute-t-il, sans donner davantage de détails.

Jusqu’en décembre 2018, l’entreprise Questerre avait cinq lobbyistes inscrits au registre québécois. Leur mandat comprenait des propositions de règlements permettant des « projets pilotes d’exploitation de gaz naturel » dans des municipalités « souhaitant accueillir » de tels projets d’exploitation de gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent.

« Ces projets consistent à recycler l’eau à 100 %, à électrifier les opérations et à cesser l’utilisation d’additifs chimiques dans le sol lors de la fracturation. Ce sont des projets zéro émission », précisait le mandat de lobbying, qui n’est plus en vigueur.

46 277 km² de permis

Les entreprises pétrolières et gazières présentes sur le territoire québécois détiennent actuellement un total de 261 permis couvrant 46 277 km² de territoire, dont environ 13 000 km² dans les basses terres du Saint-Laurent, 21 700 km² en Gaspésie et 8500 km² dans le Bas-Saint-Laurent.

Pour le moment, un seul projet d’exploitation est envisagé. Il est piloté par l’entreprise albertaine Cuda Energy, qui souhaite exploiter un gisement pétrolier situé à l’ouest de Gaspé. Selon les documents déposés par la pétrolière, le gisement devrait produire plus de 15 millions de barils et serait exploité jusqu’en 2060. Ce projet doit toutefois passer par un processus d’évaluation environnementale.

Quant à la poursuite lancée par l’entreprise Questerre contre le gouvernement du Québec pour tenter de faire annuler le moratoire sur la fracturation hydraulique dans la vallée du Saint-Laurent, elle a été suspendue récemment. L’entreprise et le gouvernement veulent ainsi explorer « différentes options » pour tenter de régler le litige, même si Québec assure qu’il n’est pas question de rouvrir la porte au gaz de schiste.

L’APGQ compte actuellement 19 membres, selon les informations inscrites sur son site Web. On y retrouve notamment Lone Pine, une entreprise qui a lancé en 2013 une poursuite de 250 millions de dollars contre le gouvernement canadien en raison de l’annulation des permis d’exploration pétrolière et gazière dans l’estuaire du Saint-Laurent.

Le regroupement compte aussi comme membre Gastem, qui a lancé, et perdu, une action en justice contre la petite municipalité de Ristigouche-Sud-Est, en raison d’un règlement de protection de l’eau potable qui bloquait un projet de forage. Le cabinet McCarthy Tétrault est également membre de l’APGQ, tandis que le Port de Québec et SNC-Lavalin sont inscrits comme « membres associés ».