Après le verglas, peut-être bien le printemps!

Les équipes d’Hydro-Québec étaient à pied d’œuvre pour rétablir le courant le plus rapidement possible.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Les équipes d’Hydro-Québec étaient à pied d’œuvre pour rétablir le courant le plus rapidement possible.

Mélangez du verglas et de la neige, ajoutez un peu de vent et obtenez des pannes de courant. Après la météo difficile des derniers jours, des milliers de foyers québécois devraient toujours être privés d’électricité mercredi, même si le travail de rétablissement du courant avance bon train.

« On estime que mercredi, vers le milieu de la journée, le courant sera rétabli chez une majorité de clients. […] Pour les autres, ça pourrait aller jusqu’à jeudi », indiquait Lynn St-Laurent, une porte-parole d’Hydro-Québec, mardi en fin d’après-midi.

« On a fait énormément de chemin depuis le plus fort des pannes, quand il y avait 316 000 clients privés d’électricité », ajoutait-elle. Mardi soir, près de 1000 bris étaient constatés dans le réseau et plus de 500 équipes étaient à pied d’oeuvre.

Les techniciens d’Hydro-Québec priorisent les pannes faciles à réparer qui permettent le rétablissement du courant chez le plus grand nombre d’abonnés. Les gens affectés par des bris dans les régions plus éloignées et moins densément peuplées devront se montrer plus patients, soulignait Mme St-Laurent.

J’ai connu le verglas de 1998. On avait manqué de courant pendant plusieurs jours, et je peux vous dire que c’est complètement différent de ce qu’on a ces jours-ci.

En début de soirée, 178 000 foyers manquaient toujours d’électricité. La région de Lanaudière était la plus gravement touchée, avec 62 000 clients qui devaient souper aux chandelles. Les Laurentides (56 000) et Laval (55 000) étaient les deux autres régions où on comptait le plus de pannes. Moins de 10 000 pannes étaient recensées ailleurs au Québec.

À Laval, près de la moitié de la population a été privée de courant, au plus fort de la coupure. Comme dans plusieurs autres villes dans les Basses-Laurentides et du sud de Lanaudière, les autorités municipales ont ouvert des haltes pour permettre aux citoyens de se réchauffer, ou même de passer la nuit.

« Pour l’instant, 70 personnes se sont inscrites pour dormir ici », indiquait mardi en début de soirée Martin Sauvé, un employé de la Ville de Laval chargé de gérer la halte établie au Centre communautaire de Lausanne. « Des gens continuent d’arriver, mais d’autres partent à mesure que le courant est rétabli dans les différents quartiers », ajoutait-il.

Des repas, des douches, des films et des jeux pour les enfants étaient mis à la disposition des résidents à la halte. Si les 100 lits de camp disponibles au Centre de Lausanne étaient réclamés et que le second centre lavallois se remplissait aussi, un « plan B » serait envisagé, assurait M. Sauvé.

« On suggère aux gens d’aller passer la nuit chez des membres de leur famille, quand c’est possible pour eux », disait au Devoir Louis-Philippe Dorais, un porte-parole de la Ville de Laval.

316 000
Nombre de clients privés d’électricité au plus fort de la panne

Jean-Luc Renaud, un résident de Laval, s’est rendu au Centre de Lausanne pour recharger son téléphone cellulaire. Malgré la panne qui persiste chez lui après plus de 24 heures, il reste de bonne humeur. « Hier soir, c’était le début. On s’est fait un souper avec un poêle à fondue et on a allumé notre petit foyer. Il ne chauffe pas la maison entière, mais rend la pièce où il est situé plus agréable. » Grâce aux températures extérieures relativement douces, sa maison se maintient à 14 ou 15 °C.

« J’ai connu le verglas de 1998. On avait manqué de courant pendant plusieurs jours, et je peux vous dire que c’est complètement différent de ce qu’on a ces jours-ci », soulignait M. Renaud.

Québec se fie aux municipalités

À Québec, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a tenu à rappeler aux citoyens touchés d’aviser leurs autorités locales s’ils ont besoin de services. « Il y a plusieurs centres d’hébergement, centres de coordination, centres de services qui sont à votre disposition. Le gouvernement, évidemment, continuera de suivre la situation de très près », a-t-elle assuré.

Même son de cloche du côté du premier ministre, François Legault, qui rappelait que ce sont les municipalités qui sont responsables de trouver de l’hébergement aux personnes qui en ont besoin.

M. Legault estimait par ailleurs qu’Hydro-Québec était prêt à affronter les conditions météorologiques de cette semaine. « Il y a beaucoup d’équipes qui sont à l’oeuvre, qui ont passé toute la nuit [dernière] et qui vont passer la nuit qui vient. Je pense […] qu’on peut être chanceux d’avoir ces équipes-là », a-t-il dit.

Point de congélation

Lundi, 15 à 20 millimètres de pluie verglaçante sont tombés sur les Basses-Laurentides, le sud de Lanaudière, Laval et le Bas-Richelieu. Montréal a quant à elle reçu 5 à 10 millimètres. Ailleurs au Québec, les précipitations étaient neigeuses, ou bien carrément pluvieuses.

Le lendemain de ce premier événement, un second système a traversé le Québec, mardi, laissant environ une dizaine de centimètres de neige dans son sillage. « Ce système était petit, mais assez intense », explique Antoine Petit, météorologue chez Environnement Canada. En additionnant les accumulations de lundi, la Mauricie aura donc reçu une trentaine de centimètres de neige ; la Capitale-Nationale, 20 à 25 centimètres.

Avant que le verglas qui enrobe les branches des arbres commence à fondre, il faudra attendre mercredi après-midi, quand le mercure devrait grimper jusqu’à 2 à 5 °C.

Avec La Presse canadienne