Les glaciers des Alpes risquent de fondre à 90 % d’ici 2100

<p>Les quelque 4000 glaciers alpins, attraits touristiques qui fournissent aussi de l’eau en été à des millions de personnes, sont menacés par les émissions de GES liées à l’activité humaine.</p>
Photo: Jean-Pierre Clatot Archives Agence France-Presse

Les quelque 4000 glaciers alpins, attraits touristiques qui fournissent aussi de l’eau en été à des millions de personnes, sont menacés par les émissions de GES liées à l’activité humaine.

Les glaciers des Alpes risquent de fondre à plus de 90 % d’ici la fin du siècle si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) responsables du réchauffement climatique, selon une étude publiée mardi.

Les quelque 4000 glaciers alpins, attraits touristiques qui fournissent aussi de l’eau en été à des millions de personnes, sont menacés par les émissions liées à l’activité humaine.

Une équipe de chercheurs suisses a utilisé des modèles climatiques couplés à des mesures des glaciers pour estimer leur évolution selon divers scénarios de réchauffement.

Si les émissions atteignent un plafond d’ici quelques années avant de rapidement diminuer jusqu’à 2100, seulement un tiers du volume de ces glaciers survivrait.

Mais si les émissions continuent à leur rythme actuel, la prédiction est encore plus sombre.

« Dans ce scénario pessimiste, les Alpes pourraient être quasiment privées de glace d’ici 2100, avec seulement quelques morceaux isolés en haute altitude, qui représenterait 50 % ou moins du volume actuel », explique Matthias Huss, chercheur à ETH Zurich et coauteur de l’étude.

Et quels que soient les efforts faits pour réduire les émissions, les Alpes perdront au moins la moitié de leurs glaciers, mettent en garde ces scientifiques, soulignant l’importance de ces géants de glace.

« Un glacier est un réservoir. Un glacier en bonne santé fond en été et grossit en hiver. Cela veut dire qu’aux périodes où les gens ont le plus besoin d’eau, ils l’obtiennent du glacier », souligne à l’AFP Harry Zekollari, de l’Université de technologie de Delft, aux Pays-Bas.

« Si les glaciers disparaissent, vous perdez ces réservoirs. Dans les Alpes c’est peut-être supportable, mais dans les Andes ou l’Himalaya, des milliards de personnes ont vraiment besoin de cette eau », poursuit-il, notant également les risques d’inondations, de glissements de terrain et l’impact sur le tourisme.

Les glaciers des Alpes contiennent environ 100 km3 de glace, soit l’équivalent de 400 millions de piscines olympiques. Mais ils ne sont pas les seuls à fondre.

Une autre étude publiée lundi dans Nature estime que la fonte des glaciers dans le monde entier s’est accélérée ces trois dernières décennies.

Les glaciers ont perdu 9000 milliards de tonnes de glace entre 1991 et 2016, entraînant une élévation de 2,7 cm du niveau de la mer, selon l’Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture) qui a participé à l’étude.

Les glaciers ayant le plus contribué à cette augmentation sont ceux de l’Alaska, puis ceux de Patagonie et des régions arctiques. Ceux des Alpes, plus petits, n’ont joué qu’un rôle « mineur ».

« Globalement, nous perdons chaque année environ trois fois le volume de glace stocké dans l’ensemble des Alpes européennes », a commenté le glaciologue Emmanuel Thibert.

Soit 335 milliards de tonnes par an, ce qui représente aujourd’hui 25 à 30 % de l’augmentation du niveau de la mer à l’échelle mondiale, même si le potentiel des calottes glacières du Groenland et de l’Antarctique pour faire monter le niveau des Océans est bien plus important.