Le gouvernement australien approuve le plus gros projet de mine de charbon au monde

Le projet a notamment été contesté au cours des dernières années en raison des risques pour la Grande Barrière de corail, notamment lors des travaux d’expansion portuaire.
Photo: Parc marin de la Grande Barrière de corail / Archives Agence France-Presse Le projet a notamment été contesté au cours des dernières années en raison des risques pour la Grande Barrière de corail, notamment lors des travaux d’expansion portuaire.

Le gouvernement australien a approuvé mardi le démarrage du plus imposant projet de mine de charbon dans le monde, piloté par le conglomérat indien Adani. Quelque 60 millions de tonnes de charbon doivent être exploitées chaque année, de quoi générer plus de 130 millions de tonnes de gaz à effet de serre.

« Ce projet a été soumis au processus d’approbation le plus rigoureux qui n’ait jamais été conduit pour un projet minier en Australie », a déclaré dans un communiqué la ministre de l’Environnement Melissa Price, en annonçant l’approbation du dernier volet qui revenait au gouvernement australien, soit l’utilisation des eaux souterraines pour l’exploitation de la future mine.

Même si le projet minier doit encore obtenir l’aval final des autorités locales ainsi que de l’État du Queensland, où sera située la mine, la direction d’Adani a salué cette approbation, après des années de controverses environnementales. Pour la multinationale, il s’agit d’un projet « durable sur le plan environnemental », qui nécessitera des investissements totaux de plus de 30 milliards de dollars.

L’approbation a été en revanche très critiquée par les organisations de défense de l’environnement, qui mettent en cause le fait qu’elle tombe quelques jours avant l’annonce de la date des élections fédérales, qui se tiendront le mois prochain.

L’opposition travailliste, qui est donnée gagnante lors du scrutin attendu en mai, est de son côté tiraillée entre les appels à soutenir l’emploi dans le Queensland et la frange écologiste de ses partisans.

Dans sa réaction au feu vert gouvernemental, le chef du parti Bill Shorten s’est d’ailleurs concentré sur les dissensions apparues au sein du gouvernement au sujet de la mine, se gardant bien de dire si, une fois élu, il annulerait cette décision.

Gaz à effet de serre

Le projet, nommé Carmichael, devrait générer plus de trois milliards de tonnes de gaz à effet de serre au cours de la durée de vie de la mine, selon une évaluation d’Adani.

Qui plus est, la combustion du charbon qui sera extrait du sol doit générer chaque année au moins de 130 millions de tonnes de gaz à effet de serre.

Sur 60 ans, Adani évalue que plus de 2,3 milliards de tonnes de charbon — le pire des combustibles fossiles — seront exploitées à partir du gisement australien.

Grande Barrière menacée

Ce mégaprojet minier va par ailleurs de pair avec la construction d’un chemin de fer qui doit permettre de transporter le minerai jusqu’à un port en eau profonde situé dans le nord-est du pays, à 20 kilomètres de la Grande Barrière de corail.

Le projet du groupe Adani augmentera d’ailleurs de 70 % les exportations de charbon à partir du port d’Abbot Point, qui devra être agrandi pour répondre aux besoins du mégaprojet minier.

Ce projet a notamment été contesté au cours des dernières années en raison des risques pour la Grande Barrière de corail, notamment lors des travaux d’expansion portuaire. Il faut dire que l’état de santé de cet écosystème unique ne cesse de se détériorer. Inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1981, elle a notamment perdu la moitié de ses coraux en à peine trois décennies.

Toute cette zone maritime souffre d’ailleurs de plus en plus des impacts de l’acidification des océans, un phénomène directement lié à l’accroissement constant des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Une situation que la combustion du charbon contribue à aggraver.