Un nouveau projet ferroviaire sur la Côte-Nord faciliterait l’exportation de pétrole de l’Ouest

Photo: Alexandre Shields Le Devoir Le port de Baie-Comeau pourrait permettre l'exportation maritime de 2,8 millions de barils de pétrole de l'Ouest chaque année.

Le prolongement du chemin de fer de Dolbeau-Mistassini à Baie-Comeau, appelé « Projet QcRail », permettrait d’acheminer jusque sur la Côte-Nord du pétrole de l’Ouest canadien, en vue de son exportation par voie maritime. Le projet est d’ailleurs soutenu financièrement par le gouvernement Legault.

Le promoteur de ce projet de 1,5 milliard de dollars, Innovation et développement Manicouagan (ID Manic), a déposé il y a de cela plusieurs mois un « avis de projet » au ministère de l’Environnement du Québec, qui l’a inscrit au Registre des évaluations environnementales.

Selon ce que précisent les documents présentant les détails de QcRail, ID Manic souhaiterait créer « un corridor de commerce pour une nouvelle porte continentale en Atlantique nord ». Avec le projet de prolongement de la voie ferrée sur une distance de 370 kilomètres, il serait en fait possible de relier la ville de Winnipeg, au Manitoba, au port en eau profonde de Baie-Comeau.

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Dans les documents déposés par le promoteur, on fait d’ailleurs valoir que « le réseau ferroviaire est appelé à être de plus en plus sollicité, notamment en raison de la croissance de la demande pour les ressources canadiennes », dont les « produits pétroliers ». Il importe donc de « tirer profit de la croissance des marchés », mais aussi de « simplifier la chaîne logistique de transport pour les entreprises de l’Ouest qui ciblent les marchés d’exportation de l’Atlantique Nord ».

Exporter du pétrole

ID Manic, qui a déjà fait des représentations dans le cadre d’une « mission commerciale » à Calgary, évalue ainsi que différentes ressources pourraient être acheminées jusque sur la Côte-Nord, en vue de leur exportation, dont « des produits dangereux ».

Parmi ceux-ci, on évalue que plus de 2,8 millions de barils de pétrole pourraient être transportés chaque année jusqu’au parc industriel du secteur de Baie-Comeau, par train (équivalent de 3425 wagons par année), pour y être stockés dans un parc de réservoirs totalisant plus de 660 000 barils. De là, le pétrole brut pourrait être exporté par navires, et ce, « même en période hivernale ».

Le promoteur a aussi identifié d’autres « marchandises » qui pourraient transiter par Baie-Comeau, dont un maximum annuel de 4,7 millions de tonnes de charbon, du minerai, des produits alimentaires ou encore des fertilisants agricoles.

Soutien financier

Le gouvernement de François Legault a inscrit 7,5 millions de dollars dans son premier budget afin de soutenir la réalisation d’une étude de faisabilité pour le nouveau tronçon ferroviaire. Dans ses documents, ID Manic fait aussi état de démarches financières auprès du gouvernement fédéral, mais aussi de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Le directeur du développement industriel chez ID Manic, Guy Simard, n’a pas retourné nos appels jeudi.

Le cabinet du ministre de l’Environnement, Benoit Charette, n’a pas répondu aux questions soumises par Le Devoir, qui lui demandait notamment s’il appuyait la réalisation d’un tel projet, mais aussi s’il allait exiger une évaluation environnementale.

Son cabinet a plutôt référé Le Devoir au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. Le cabinet du ministre Jonatan Julien a indiqué le QcRail est « un projet intéressant pour le développement économique de la région. Il est d’ailleurs appuyé par les acteurs régionaux ».

« Il est prématuré, au stade actuel, de présumer des expéditeurs et des marchandises potentielles qui seraient, si le projet voit le jour, intéressés à acheminer des marchandises à ou en provenance de Baie-Comeau. Tout projet doit également respecter les normes environnementales et obtenir l’approbation sociale », a également précisé l’attachée de presse du ministre, Claude Potvin.

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