Les militants étudiants pour le climat ressortent déçus de leur rencontre avec le ministre Charette

Alors que les militants étudiants rencontraient le ministre Benoit Charette, des jeunes du secondaire manifestaient à l'extérieur pour réclamer des mesures plus ambitieuses.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Alors que les militants étudiants rencontraient le ministre Benoit Charette, des jeunes du secondaire manifestaient à l'extérieur pour réclamer des mesures plus ambitieuses.

Les représentants du collectif La planète s’invite à l’université sont ressortis très déçus de leur rencontre avec le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, vendredi. Le responsable du dossier climatique au sein du gouvernement caquiste leur répond que leur premier budget contient des « gestes concrets » pour faire des « progrès » dans le dossier environnemental.

« La rencontre s’est déroulée exactement comme le collectif l’avait prévu. On nous dit que les plans vont venir dans le futur ; on nous dit que les projets à venir seront verts. [...] Bref, on nous répète les mêmes choses, désuètes depuis des années », a déclaré Louis Couillard, co-porte-parole du collectif étudiant, à la sortie de cette rencontre de deux heures.

« Nous méritons mieux », a-t-il ajouté. « Les étudiants ne sont pas satisfaits et ils vont continuer de se mobiliser », a également souligné M. Couillard, dans le hall vitré d’un pavillon de l’UQAM, tandis qu’à l’extérieur, des jeunes du secondaire manifestaient pour réclamer des mesures plus ambitieuses de lutte contre la crise climatique.

Le mouvement La planète s’invite à l’université, qui a lancé la journée de grève pour le climat qui a mené au débrayage de 148 500 étudiants du Québec la semaine dernière, s’est dit déçu de constater que le ministre Charette ne pouvait pas s’engager à mettre en oeuvre les objectifs du plus récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Ce rapport, qui sert d’assise scientifique pour les négociations climatiques mondiales des pays signataires de l’Accord de Paris, prône une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) à « zéro » d’ici 2050, pour limiter le réchauffement mondial à 1,5 °C.

Rencontres à venir

Les représentants du collectif et le ministre ont néanmoins convenu de se rencontrer de nouveau. Qui plus est, Benoit Charette leur a réitéré la promesse du gouvernement de présenter au cours des prochains mois un nouveau de plan de lutte contre les changements climatiques qui doit couvrir la période de 2020 à 2030. À terme, Québec estime être en mesure, avec cette « approche bonifiée », de réduire les GES de 37,5 % d’ici 2030, par rapport à 1990.

Interpellé lui aussi à la sortie de la rencontre, le ministre de l’Environnement a indiqué que « le canal de communication est ouvert » avec les étudiants. Il s’est également dit persuadé de pouvoir « convenir d’actions qui vont reposer sur la science ».

Benoit Charette a par ailleurs défendu les mesures inscrites dans le premier budget caquiste, présenté jeudi. « Le budget contient des mesures comme aucun gouvernement n’en a eu auparavant en matière d’environnement », a-t-il affirmé, en réponse à une question du metteur en scène et instigateur du Pacte pour la transition, Dominic Champagne, qui était présent.

Les mesures de lutte contre les changements climatiques inscrites dans le budget provincial s’articulent principalement autour de l’électrification des transports, avec une enveloppe de 434 millions sur deux ans, mais aussi dans une volonté du gouvernement d’« accompagner » les entreprises dans leur « transition énergétique », notamment dans le secteur industriel. Un montant de 600 millions de dollars y sera consacré au cours des prochaines années.

« Le gouvernement fait complètement fausse route sur la question climatique. C’est à se demander s’il y a un pilote à bord », a répliqué M. Champagne, en commentant les mesures environnementales du budget. « Nous sommes dans une situation d’urgence. La jeunesse est inquiète, parce que la raison scientifique nous dit qu’il y a des raisons importantes de s’inquiéter et qu’il faut opérer des changements radicaux à brève échéance. Alors, ce n’est pas avec des “mesurettes” de transfert vers le transport électrique qu’on va régler le problème. Ce n’est pas suffisant. »

« On est déçus. On a l’impression d’être face à un gouvernement d’ignorants », a également laissé tomber Dominic Champagne. « Est-ce qu’il y a une volonté politique réelle qui s’incarne ? La réponse, c’est non. »