148 500 étudiants du Québec en grève vendredi pour le climat

Environ 2000 manifestations, grèves et actions locales étudiantes seraient prévues dans un peu plus de 120 pays.
Photo: Fabrice Coffrini Archives Agence France-Presse Environ 2000 manifestations, grèves et actions locales étudiantes seraient prévues dans un peu plus de 120 pays.

À la veille de la journée internationale de grève pour le climat, au moins 148 500 étudiants du Québec avaient choisi de débrayer pour prendre part au mouvement qui réclame davantage d’ambition en matière de lutte contre les changements climatiques.

En comptabilisant les étudiants des universités et des cégeps qui ont opté pour une journée de grève, le 15 mars, le collectif « La planète s’invite à l’université » évaluait jeudi en fin de journée que 148 500 étudiants avaient voté pour une journée de grève.

Ces étudiants, répartis dans 116 associations étudiantes issues de 35 établissements d’enseignement supérieur de différentes régions du Québec, pourraient donc prendre part à l’une des quelque dix manifestations prévues vendredi. À Montréal, la manifestation doit débuter devant le mont Royal, sur l’avenue du Parc, à 13 h. À Québec, le rendez-vous des manifestants a été donné également à 13 h, devant l’hôtel de ville.

De passage à Montréal jeudi, la ministre canadienne de l’Environnement, Catherine McKenna, a offert son appui aux jeunes qui feront la grève pour réclamer des politiques climatiques plus ambitieuses. Répondant à la demande de ces jeunes, qui réclament la fin de l’exploitation des énergies fossiles, Mme McKenna a simplement reconnu que le Canada, qui détient les troisièmes réserves pétrolières au monde, se trouve aujourd’hui dans un processus de « transition » énergétique.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, mais aussi le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charette, ont salué l’implication de jeunes Québécois dans cette initiative climatique. Des représentants du Parti québécois, du Parti libéral et de Québec solidaire ont aussi signifié leur intention de prendre part aux manifestations prévues vendredi.

Mobilisation mondiale

Ailleurs dans le monde, environ 2000 manifestations, grèves et actions locales étudiantes seraient prévues dans un peu plus de 120 pays, selon les données compilées jeudi par le mouvement « FridaysforFuture », qui regroupe les différentes initiatives planifiées dans différentes régions du monde. Avec le décalage horaire, certains de ces événements étaient déjà sur le point de débuter, au moment où ce texte était mis en ligne.

Plusieurs maires de l’alliance C40 des grandes villes pour le climat, comme Paris et Milan, ont apporté leur soutien aux jeunes. « Ils ont le plus à perdre de l’inaction des gouvernements », a déclaré dans un communiqué le maire de Sydney, Clover Moore, se disant « fier d’être solidaire » de leur « combat pour la justice ».

L’organisation écologiste 350.org espère qu’il y aura « un avant et un après » 15 mars. « Cette grève mondiale sera un tournant dans l’histoire mondiale, un moment où les adultes apprendront à suivre leurs enfants », estime Nicolas Haeringer, responsable des campagnes de l'organisation, cité par l’Agence France-Presse (AFP).

« Ce moment est très important, pas seulement du point de vue du nombre de jeunes gens qui feront grève, mais pour les conversations que cela va provoquer dans les familles, entre amis, et dans les écoles », commente Karen O’Brien, sociologue de l’Université d’Oslo, citée par l’AFP. « Le test du mouvement ne sera pas la taille de la foule […] mais dans les actions prises dans la société en réponse à la crise climatique », estime-t-elle.

Candidate au Nobel

On a par ailleurs appris jeudi que trois députés suédois ont proposé la candidature de la jeune Greta Thunberg, instigatrice de ce mouvement de grève pour le climat, pour le prix Nobel de la paix 2019.

« Nous avons proposé Greta Thunberg parce que le changement climatique, si on ne l’enraye pas, sera la principale cause des guerres, conflits et flux de réfugiés à l’avenir », a affirmé à l’AFP le député norvégien Freddy André Øvstegård. « Greta Thunberg a lancé un mouvement de masse dans lequel je vois, peut-être, la principale contribution à la paix », a-t-il fait valoir.

« C’est bien évidemment un honneur et très agréable d’être proposée pour un aussi grand prix », a-t-elle réagi auprès du journal suédois Aftonbladet. « C’est incroyable et un peu bizarre », a ajouté celle qui était encore totalement inconnue il y a à peine plus de trois mois.