Une grève saluée par les ministres de l’Environnement

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont participé en novembre dernier à une manifestation à Montréal pour réclamer des mesures plus ambitieuses de lutte contre les changements climatiques.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont participé en novembre dernier à une manifestation à Montréal pour réclamer des mesures plus ambitieuses de lutte contre les changements climatiques.

Les ministres de l’Environnement du Québec et du Canada, Benoit Charette et Catherine McKenna, affirment soutenir les étudiants qui ont décidé de prendre part au mouvement international de grèves prévues vendredi pour réclamer des mesures de lutte contre les changements climatiques nettement plus ambitieuses.

Contactés par Le Devoir, les cabinets des deux ministres responsables de coordonner les politiques climatiques gouvernementales ont salué l’engagement des jeunes, et ce, même si ceux-ci comptent délaisser les salles de classe le 15 mars pour manifester.

« Le ministre est sensible aux efforts déployés par les étudiants afin de sensibiliser et d’orienter les bons comportements que tous peuvent adopter dans le contexte des changements climatiques », a fait valoir l’attaché de presse du ministre Benoit Charette, Louis-Julien Dufresne. « En ce sens, le ministre se réjouit de voir les jeunes Québécois joindre leurs voix à la jeunesse internationale qui se mobilise derrière cet enjeu qui est important pour l’ensemble de la société », a-t-il ajouté, dans une réponse écrite.

 
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Nombre d’étudiants de cégeps et d’universités du Québec qui seront en grève vendredi, pour réclamer des mesures climatiques ambitieuses. Ce nombre ne comprend pas les élèves du secondaire qui vont débrayer, ni les professeurs et les employés qui ont voté pour la grève. D’autres votes sont prévus d’ici jeudi.

Le ministre Charette n’entend pas participer à une des manifestations prévues vendredi. Il a toutefois dit vouloir « entretenir un dialogue ouvert avec les différents intervenants du milieu étudiant préoccupés par les enjeux climatiques ».

Son cabinet a d’ailleurs confirmé mardi qu’il « accepterait » de rencontrer les porte-parole du mouvement « La planète s’invite à l’université », qui coordonne la journée de grève prévue vendredi. Ceux-ci devaient se réunir mardi soir pour statuer sur la tenue d’une telle rencontre. Leur décision n’était pas connue au moment où ces lignes étaient écrites.

Chose certaine, le mouvement a déjà ciblé des « enjeux concrets » pour le gouvernement du Québec, dont la nécessité de mettre un terme à « toute forme de projet lié à l’exploitation et au transport d’énergies fossiles sur son territoire ». Leurs revendications mentionnent ainsi les projets pétroliers en Gaspésie et le projet d’exportation de gaz naturel albertain Énergie Saguenay.

Dans sa réponse aux questions du Devoir, le cabinet de M. Charette a pour sa part souligné qu’« il est de plus en plus évident que la population souhaite franchir l’étape des mesures symboliques drapées dans de beaux discours. Par exemple, les efforts que compte déployer notre gouvernement dans le secteur des transports collectifs sauront produire des résultats tangibles et mesurables ».

McKenna approuve

Le gouvernement Trudeau a lui aussi offert son appui aux étudiants canadiens qui prévoient de faire la grève. « La ministre soutient toujours les actions de lutte contre le changement climatique. C’est, après tout, à propos de l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants », a ainsi répondu l’attachée de presse de Catherine McKenna, Sabrina Kim.

« La ministre a rencontré de nombreux jeunes activistes pour l’action climatique dans sa circonscription et elle est toujours ouverte aux idées et à l’engagement des jeunes à ce sujet », a-t-elle ajouté.

Le gouvernement fédéral a du même coup vanté son « plan climatique ». « Notre plan fonctionne et, chaque jour, nous travaillons à son application et nous continuerons de voir de vrais résultats. »

Ottawa a fixé un objectif de réduction d’émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030, soit un recul de 30 % par rapport à 2005. Il s’agit du même objectif que celui qui était mis en avant par l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper. Si le monde s’alignait sur cette cible, le réchauffement mondial atteindrait de 3 °C à 4 °C au cours des prochaines décennies, selon l’organisme Climate Transparency. L’Accord de Paris mise sur une limite de 1,5 °C, voire 2 °C.