Le projet Énergie Saguenay pourrait menacer la survie du béluga, selon le GREMM

Le béluga est un animal essentiellement acoustique, qui dépend du son pour s’orienter et trouver sa nourriture
Photo: GREMM Le béluga est un animal essentiellement acoustique, qui dépend du son pour s’orienter et trouver sa nourriture

Le projet de gazoduc et d’usine de gaz naturel liquéfié (GNL) au Saguenay, conjugué à d’autres projets en cours, pourrait mettre en péril la survie du béluga, soutient un groupe de recherche scientifique.

Le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) plaide pour une évaluation de l’impact conjugué de tous les projets de transport maritime actuellement sur la table.

La revendication du GREMM va dans le même sens qu’un rapport du ministère de l’Environnement dont le ministre Benoit Charette s’est publiquement dissocié. Cette synthèse de 272 pages résumait les consultations publiques sur le projet de Saguenay appelé Gazoduq.

Le projet Gazoduq consiste en la construction d’un gazoduc de 750 km qui s’étendrait de l’Ontario jusqu’à une usine de liquéfaction à Saguenay, pour acheminer ensuite le GNL en Europe.

Une des observations énoncées dans le rapport est l’« évaluation des effets cumulatifs », c’est-à-dire qu’il ne faudrait pas analyser isolément l’impact du projet Gazoduq, mais plutôt son addition avec d’autres projets, notamment Ariane Phosphate et Métaux BlackRock, parce que le trafic maritime augmenterait ainsi au total de 300 pour cent sur le Saguenay, et de 10 % dans l’estuaire.

Or c’est « inquiétant » pour l’habitat essentiel du béluga que les gouvernements se sont pourtant engagés à protéger, a expliqué le directeur scientifique du GREMM, Robert Michaud, dans une entrevue avec La Presse canadienne publiée dimanche.

Il a indiqué que cette hausse considérable de la navigation entraînera une augmentation du bruit, alors que le béluga est un animal essentiellement acoustique, qui dépend du son pour s’orienter et trouver sa nourriture. De même, le stress causé par le bruit a des conséquences néfastes sur ses fonctions vitales, comme le système immunitaire et le système reproducteur.

M. Michaud a lancé un appel à la patience et à la prudence, soit d’attendre encore quelques années avant d’autoriser les grands chantiers comme Gazoduq, le temps que des projets de recherche financés par Québec et le fédéral actuellement en cours soient complétés.