Déversement pétrolier près d’un récif corallien

Le 4 février 2019, le vraquier «MV Solomon Trader» s’est échoué dans la région des Îles Salomon, dans le Pacifique.
Photo: Affaires étrangères - Australie Le 4 février 2019, le vraquier «MV Solomon Trader» s’est échoué dans la région des Îles Salomon, dans le Pacifique.

L’UNESCO s’inquiète des impacts d’un important déversement de produits pétroliers survenu tout près d’un récif corallien inscrit sur la prestigieuse Liste du patrimoine mondial, dans la région des Îles Salomon, dans le Pacifique.

Le 4 février 2019, le vraquier MV Solomon Trader s’est échoué dans le secteur alors qu’il chargeait du minerai de bauxite. Depuis, le navire de 225 mètres aurait perdu au moins 75 tonnes de mazout à proximité de Rennell Est, le seul site naturel du patrimoine mondial aussi inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Incapable de remettre le navire à flot et face à une marée noire qui s’étend dans le secteur, le gouvernement des Îles Salomon a demandé l’aide de l’Australie pour tenter de contenir la pollution, selon ce qui a été annoncé dimanche par les autorités australiennes, citées par l’Agence France-Presse.

Un geste salué par l’UNESCO, qui a jugé ce déversement « préoccupant », dans un communiqué publié lundi. « Bien que le déversement d’hydrocarbures et l’échouement se soient produits juste à l’extérieur du bien du patrimoine mondial, un impact possible sur le site du patrimoine mondial et sur les moyens de subsistance des communautés locales inquiète », a fait valoir l’organisme onusien.

Ses représentants travaillent donc « avec les autorités nationales afin d’évaluer la situation et d’identifier les meilleures mesures de mitigation à prendre ».

L’UNESCO en a d’ailleurs appelé à la responsabilité des entreprises impliquées, dont une société minière des Îles Salomon et une entreprise de Hong Kong théoriquement propriétaire du navire. « Il est de la plus haute importance que tout dommage causé au bien du patrimoine mondial et aux moyens de subsistance des communautés locales soit entièrement couvert par l’entreprise, les propriétaires et les assureurs responsables », a ainsi déclaré la directrice du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, Mechtild Rössler.

Un site naturel d’importance

Rennell Est a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1998. Considéré comme le plus grand atoll corallien surélevé du monde, il comprend le lac Tegano, un lac saumâtre parsemé de nombreux îlots calcaires robustes qui constitue l’ancien lagon de l’atoll, une couverture forestière intacte et un secteur marin s’étendant jusqu’à trois milles nautiques.

Il s’agit du « premier site naturel inscrit sur la Liste du patrimoine mondial dont la propriété et la gestion sont régies par la coutume » de la population locale, a souligné lundi l’UNESCO.

Rennell Est a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2013, « en raison des menaces que font peser sur sa valeur universelle exceptionnelle l’exploitation commerciale de ses forêts et l’invasion incontrôlée de rats. Le site souffre également de la surexploitation de ses ressources marines, dont nous savons peu de choses à l’heure actuelle », a déploré l’organisme onusien.