L’ignorance critiquée en Amazonie

Le meurtre de Chico Mendes et l’indignation qu’il a suscitée sont souvent qualifiés de tournant pour l’établissement de réserves forestières et de freins à la déforestation de l’Amazonie.
Photo: Mauro Pimentel Agence France-Presse Le meurtre de Chico Mendes et l’indignation qu’il a suscitée sont souvent qualifiés de tournant pour l’établissement de réserves forestières et de freins à la déforestation de l’Amazonie.

C’est de mauvais augure pour l’Amazonie quand le nouveau ministre brésilien de l’Environnement déclare ne pas connaître Chico Mendes qui, en plus d’être un défenseur mondialement connu de l’Amazonie et des droits des travailleurs, a donné son nom à un institut de recherche et de conservation… qui est sous l’égide du ministère de l’Environnement.

Mendes a été assassiné en 1988 sur ordre d’un propriétaire terrien et éleveur de bétail. Ce meurtre — et l’indignation internationale qu’il a suscitée — est souvent qualifié de tournant pour l’établissement, dans la décennie qui a suivi, de réserves forestières et de freins à la déforestation de l’Amazonie. « Je ne connais pas Chico Mendes », a déclaré à la télé la semaine dernière le ministre de l’Environnement, Ricardo Salles. Pressé de s’expliquer, il a précisé qu’il savait de qui il s’agissait, mais que son rôle dans l’histoire récente du Brésil et son assassinat n’étaient pas des éléments « pertinents » dans les présentes discussions.

Les environnementalistes l’aiment beaucoup, tandis que les fermiers locaux le critiquent, dit-il, « parce qu’il se préoccupait de ses propres intérêts ». « Quelle différence cela fait-il », qui Chico Mendes était vraiment ? a poursuivi le ministre, déclenchant une volée de critiques des environnementalistes.